‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 177 sur 245 · LIVRE VINGT-DEUXIÈME. 38o · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-DEUXIÈME. 38o

bien éloignés de la conduite pleine d'irrévérence et de calomnie avec laquelle on s'était comporté dans l'assemblée de Gap. Je fis une espèce de récapitulation justificative de tous les ordres et des* demandes du roi. J'empêchai qu'il ne se composât, dans la séparation, quelque nouveau cahier de demandes. En leur défendant expressément de la part du roi de convoquer de leur chef aucune assemblée générale, je leur dis que sa majesté ne les leur refuserait pas toutes les fois que le sujet le requerrait; mais je leur fis sentir en même temps qu'elles allaient être beaucoup plus rares qu'elles iVavaient été par le passé. Je n'oubliai pas d'ajouter que Henri n'entendait par là préjudicier en aucune manière à la tenue des colloques et synodes ordinaires, restreints purement aux matières ecclésiastiques. Je finis en réitérant la défense d'entretenir aucun commerce avec toutes les personnes que sa majesté tenait pour suspectes. Je fus satisfait des sentimens que je remarquai dans tous les cœurs, et ce qui me fait croire que je ne me trompai point, c'est que l'assemblée fit une délibération pour envoyer remercier le roi de sa bienveillance et l'assurer de son respect inviolable. On voulut savoir auparavant si sa majesté approuverait cette démarche; et la réponse ayant été telle qu'on se la promettait , les députés nom-

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més à cet effet partirent pour aller s acquitter de ce devoir.

Je partis moi-même le propre jour de la clôture de rassemblée, le roi m'ayant mandé par Sillery que je pouvais le faire, et m'ayant même témoigné plus d une fois qu'il sentait combien ma présence était nécessaire pour les affaires de son conseil. Ce prince voulut bien m'écrire , uniquement pour me louer et me remercier du service qu'il disait que je venais de lui rendre. Quelque pressé qu'il se montrât de me revoir, auprès de lui, il me- donnait pourtant la permission "de passer par nies terres de Berry, ce que je ne jugeai pas à propos de faire, pour ne pas laisser accumuler plus d'affaires que je n'en aurais pu vider. Telle fut l'issue d'une assemblée sur laquelle tout le monde avait les yeux puveVts. En examinant bien le fond de mes sentîmens , je* trouvai que le désespoir qu'elle causa à un très-petit nombre de mes confrères ne troublait point et ne devait point troubler la satisfaction que j'en ressentis, parce que je ne pus me faire cpnvenir d'autre chose $inon que j'avais mieux servi ma religion et eux-mêmes par des procédés de modération ét de paix que ûe l'aurait frit leur tfçle aveugle et impétueux. Dupiessis put sentir ces raisons dans la lettre que je lui écrivis ^ quoique mtm principal

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