‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 181 sur 245 · LIVRE VmGT-DF.rXlÈME. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE VmGT-DF.rXlÈME. 3o

avait fait entendre, en grand seigneur, que cette somme médiocre ne leur était envoyée que pour être distribuée à leurs amis subalternes, et que, pour eux, ils en toucheraient de beaucoup plus fortes. Us avaient été assez simples pour le croire, et n'avaient plus parlé après cela de faire demander leur pardon. Le roi fit donner à Foussac deux cents écus pour son voyage, et le renvoya sur les lieux.

Il partit lui-même de Paris le i5 ou 16 septembre1, escorté du régiment des gardes et de l'escaflron dont j'ai parlé, en tirant du côté d'Orléans, pendant que je prenais la route convenue. 11 n'était encore qu'au Hallier , qu'il vit déjà des fruits de son voyage. Deux gentilshommes de Quercy , nommés Causse et Brigantin , vinrent en cet endroit lui demander pardon pour cent vingt autres gentilshommes. Us offrirent, pour le mériter, de déposer en justice tout ce qu'ils savaient des démarches de Bouillon, et d'en soutenir la vérité à la pointe de leurs épées et aux dépens de tout leur sang. Ces deux députés révélèrent encore tout ce qui avait été comploté par Rignac et Bassignac pour le duc de Bouillon, entre autres . le dessein de s'emparer de Ville-Neuve en Age-

1 Voyez, sur ce voyage de Henri IV en Limousin, de Thou, liv. 34, le Mercure français § année iGo5, et l'original d'une lettre écrite par Henri IV à Rosny. Cabinet du duc de Sully.

nois, qui ne pouvait certainement être coloré d'aucun prétexte par Bouillon. Comme c'est aussi en cet endroit que sa majesté eut le premier avis des tcjntatives que d'Entragues faisait pour tirer le comte d'Auvergne de la Bastille, que j'ai rap* portées en leur lieu , elle me donnait rendez- vous ' à Orléans, où elle devait arriver le surlendemain, qui était le samedi 24 septembre , et me conseilla cependant d'envoyer l'artillerie à Argenton, pat où ce prince devait passer. Cela ne fut point exécute , parce qu'il me fut impossible de me rendre à Orléans. Sa Majesté goûta les r&isons que^je lui en apportai. Je ne laissai pas de lui donner par écrit le conseil qu'elle me demandait , et qui n'avait rien de différent de la conduite que je l'avâis souvent sollicitée de tenir à l'égard de d'En> fragiles.

Henri arriva du jour marqué à Orléans, et en partit le lundi *6 septembre. Il évita le chemin du Beri*y et de la Sologne, à cause du peu de vivres qu'il aurait trouvé dans cette stérile Contrée, et dès maladies dont on lui dit qu'elle était remplie. Il tourna du côté dfc Blois , d'où , datant s'âvartcè* par Mon trichait, il me donna encore rendèz*vobs à Lbches, montrant une extréraë envie de s'aboucher avec moi sur les affaires présentes. Jusque là il n'avait encore rien vu;nixeçu dè la part du duc de Bouillon; au contraire la résistance de Righac

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