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m ignominie, et de faire un exemple sur l'Espagnol. Cela ne fut point capable d apaiser la colère du %roi, qui ne sut long- temps de quel œil il devait regarder Villeroi après cette aventure. Il balança trois jours s'il ne le chasserait point d'auprès de sa*personne; mais Villeroi se jeta aux pieds de » sa majesté avec tant de marques d'une profonde 1 douceur, y versa tant de larmes, y fit tant de protestations d'innocence, que Henri le crut (le public a toujours été persuadé qu'il feignait seulement de le croire), et quavec sa bonté ordinaire, il lui accorda le pardon qu'il lui demandait avec de si vives instances.
Voilà l'état où je trouvais qu'étaient les choses,
ni étranglé, ils jugèrent qu'on l'avait étouffé, et ensuite jeté dans la rivière. II n'est point fait mention dans le Septénaire de cette visite de chirurgiens ; mais les particularités de l'évasion de L'Hôte et de la manière dont il fut trouvé, qui y sont amplement détaillées , détruisent ce rapport de L'Étoile , qui paraît d'ailleurs assez malintentionné pour yilleroi, et ne saurait pourtant s'empêcher de convenir que Henri IV n'en fit pas plus mauvais visage à Villeroi. « Prenant bien la peine, « dit-il , d'aller jusque chez lui pour le consoler, et conforter « en son ennui , ne montrant aucun soupçon de défiance pour « ce qui s'était passé, non plus qu'auparavant, encore moins j « tellement qu'on disait à la cour, que l'heur lui en voulait « bien d'avoir un si bon maître , parce qu'en matière d'un fait « d'état de telle conséquence, les rois et les princes veulent « coutumièrement que les maîtres répondent de leurs valets. » Année 1604, p- a4-
lorsque je retournai à Fontainebleau dire à sa ma- , fi jesté, comme je ne pouvais m'en dispenser, les représentations que m'avaient faites les ambassa- ^ deurs étrangers. Le chiffre de tous les nôtres fut aussi changé, et le roi ne songea plus qu'à pro- 1 fiter de cette occasion pour rendre Villeroi phis diligent (je parle d'après ce prince), plus circons- « pect dans le choix de ses commis, et moins» fier qu'il n'était auparavant. Sa majesté concerta.avec moi une lettre qu'elle jugea propre à produire cet effet, parce que je devais la rendre publique. Cette lettre me fut apportée à Paris par Perroton , de la part du prince , comme pour me faire part de l'indulgence dont il avait jugé à propos d'user à l'égard de Villeroi. J'y lus que sa majesté n'avait pu refuser un pardon aux larmes et aux prières de Villeroi ; que je ne devais pas conserver après cela pour lui plus de défiance qu'ellemême; que, dans l'état où il était, c'était une action de charité que de lui écrire une lettre de consolation et d'assurance de mon amitié, et qu'elle m'en priait.
Je secondai l'intention de sa majesté sans aucune répugnance, je pourrais même dire avec une sincérité qu'elle ne me demandait pas, excepté que je ne pus me résoudre à écrire à Villeroi que je le tenais entièrement disculpé , ce qui eût été, ce me semble, ridiculement flatteur;
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je lui en dis assez pour qu'il pût persuader au public , par ma lettre , que je ne le regardais nullement comme coupable du crime capital dont il s'était vu accuser. Je lui donnais l'idée du manifeste qu'il fit paraître quelques jours après. Je lui représentais qu'il devait s'attacher à fermer la bouche aux protestai) s, auxquels il avait donné prise; qu'il ne pouvait mieux y parvenir qu'en adoucissant le caractère un peu violent qu'il avait montré à leur égard , en inspirant pour eux aux catholiques des sentimens plus humains, en6n en se portant publiquement pour le promoteur du règlement que j'avais tant de fois proposé pour établir une parfaite concorde entre ces deux corps. Si j'ajoutais dans cette lettre que son entière justification auprès de sa majesté dépendait de la manière dont il se comporterait dans Ja suite , et si je citais là-dessus l'exemple du maréchal de Biron, ce n'était uniquement que pour satisfaire au commandement du roi, qui voulait bien passer pour indulgent , mais non pas pour faible.
Viileroi répondit à ma lettre, en me remerciant de mes conseils, qu'il assura qu'il suivrait exactement , et de mes bons offices , qu'il protesta qu'il n'oublierait jamais. Il y convient qu'il n'avait pas dû se fier aussi aveuglément qu'il l'avait fait à un jeune homme tel que L'Hôte , et il ne dissimule pas que , quoique sa conscience ne lui reproche
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rien de grief, la foute qu'il a commise en cette occasion est capable de jeter une tache sur sa ré-w ' putation, jusque là que tous les services qu'il est • dans la disposition de continuer à rendre à sa 4 majesté le reste de sa vie ne l'effaceront jamais entièrement. Il se défend sur ce que , L'Hôte lui ayant des obligations essentielles, il n'a pu se .« porter à croire qu'il dût jamais lui manquer. Il arriva souvent depuis à Villeroi , lorsqu'il mjécri- v vait , de rappeler sa faute , son malheur et son innocence, et presque toujours l'obligation qu'il * crut m'avoir en cette occasion.
Il parait que Barrault n'a pas non plus ajouté foi aux calomnies des ennemis de Villeroi , puisqu'il lui écrivit peu de temps après ce qui s'était dit dans une conversation entre lui et Prada au sujet de L'Hôte. Rafis n'eut pas sujet de se plaindre. Outre les quinze cent soixante livres qu'il avait reçues de Barrault pour sortir d'Espagne , il toucha encore une gratification de mille écus, au-delà des conditions que l'ambassadeur lui avait accordées. Cela ne nuisit pas à Barrault lui-même, pour être payé du dernier quartier de sa pension. Descartes •représenta au roi qu'il en coûtait beaucoup pour s'entretenir en Espagne, et que, quelques tettres que j'eusse écrites , son maître n'avait pu rien tirer de ce quartier.
Le mémoire sur la religion dont il vient d'être