‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 222 sur 245 · IV. 3l · texte numérisé non relu

IV. 3l

48a MÉMOIRES DE SULLY.

a serez bien accommodé. Devinez , me difl>il en- « suite tout bas , en se penchant vers mon oreille, « pourquoi je me suis tant hâté; c'est parce que « je sais qu'étant arrivé, vous eussiez voulu tout « reconnaître, et vous fourrer dans tous les en- « droits périlleux , et je craignais qu'il ne vous ar- « rivât quelque accident ; car j'aimerais mieux « que Sedan ne fut jamais pris, ayant affaire de « vous pour quelque chose de plus grande con- « séquence. »

Les réflexions que je ferais sur cet accord, et sur toute cette affaire, pourraient, après cela, n'être pas celles d'un homme impartial ; je dirai seulement que le duc de Bouillon fut bien heureux d'en être quitte à si bon marché , après avoir obligé sa majesté à mettre une armée sur pied, et à faire avancer une artillerie de cinquante pièces de canon, à quinze ou vingt lieues au plus de Sedan, et après avoir donné à sa majesté ellepeine de venir en personne jusqu'au pied de ses murs. Henri convenait de tout cela ; la conduite du duc le faisait quelquefois entrer en une véritable colère; mais sa clémence ordinaire fut la plus forte. Il fit son entrée le a avril dans Sedan , où il laissa cinquante hommes , et Nétancourt à leur téte. Bouillon vint ensuite lui rendre son hommage et sa soumission. Sa majesté me fit appeler à cette cérémonie , qui se passa dans la

Page 1