‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 233 sur 245 · LIVRE VINGT-TROISIÈME. So'J · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-TROISIÈME. So'J

quelques autres articles qui regardaient la police; que les catholiques se contenteraient de la part qu'ils auraient aux charges et fonctions publiques , lorsqu'ils y seraient appelés par la pluralité des suffrages, et par les voies ordinaires; mais qu'à l'égard des métiers et maîtrises , n'y ayant aucune raison de les en exclure , les protestans avaient donné , en chassant les garçons de boutique catholiques, l'exemple de la violence aux villes où le parti catholique l'emportait sur le protestant.

On préparait cependant à Paris , avec beaucoup de magnificence, la cérémonie du baptême du dauphin et des deux dames de France *. La duchesse de Mantoue, qui y devait avoir la principale part, partit d'Italie avec une suite de deux cents chevaux et de deux cent cinquante personnes. Elle arriva au commencement de juin à Nancy , d'où ses gens et ceux du duc de Lorraine envoyèrent savoir de sa majesté si , au bout de Kuit jours qu'elle comptait passer par Nancy , elle continuerait sa route. Il y avait sur cela quelques considérations à faire , pour lesquelles Henri me manda de me rendre à Paris le 4 ou 5 juin , car j'étais alors à Sully; qu'il y viendrait lui-même de Fontaine-

' Éléonore de Médicis, fille aînée de François de Médicis, i^rand-duc de Toscane, et femme de Vincent de Gonza^ue, duc de Mantoue.

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bleau dans les derniers jours de mai, et qu'il m'y attendrait en faisant quelques voyages à Saint-Germain pour voir ses enfans; qu'il croyait qu'il était à propos de faire partir pour Nancy une personne chargée de ses ordres. La ma .mère c lont la duchesse de Mantoue serait reçue fit une espèce de dispute , terminée enfin à l'avantage de la reine , qui prétendait que cette princesse , venant en France pour faire plaisir au roi , et pour honorer une cérémonie extraordinaire , on ne pouvait lui rendre de trop grands honneurs. Rien n'y manqua : on lui donna le pas et la préséance non-seulement sur les princes étrangers, mais même sur les princes du sang, ce qui fâcha si fort ces derniers , qu'ik refusèrent d'assister à toutes les cérémonies dont elle devait être. Ils trouvaient fort extraordinaire que des princes de la première maison de l'Europe fussent précédés par un duc de fraîche date, descendu d'un simple bourgeois de Mantoue, qui, après avoir tué Bonacolsi, son seigneur, s'en était fait donner le gouvernement, et en avait ensuite usurpé la propriété. Quelque chose qu'ils pussent dire, le roi ne se relâcha point ; il ne considéra dans la duchesse de Mantoue que le titre d'alliée de la famille royale , et de sœur aînée de la reine.

Le duc de Bouillon chercha à se faire une application de cet exemple ; mais il ne fut point

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