LIVRE VINGT-TROISIÈME. 5og
écouté. Il avait été nommé pour porter les honneurs dans la cérémonie ; il voulut mettre les ducs derrière lui , alléguant sa qualité de duc de Bouillon et de prince de Sedan , avec l'exemple des princes de Sedan , auxquels il avait succédé. On lui répondit que la différence entre eux et lui était qu'ils descendaient réellement de princes souverains, qualité qui leur donnait en effet le premier rang, et qu'il ne sortait lui que d'un simple gentilhomme.
La duchesse de Mantoue arriva le ao juillet à Villers-Coterets, où elle trouva le roi qui l'attendait. De là on devait se rendre par Monceaux à Paris , où j'étais occupé à faire faire les échafauds dans l'église de Notre-Dame, au Palais et dans la place des manufacturés , avec tous les autres préparatifs, lorsqu'on fut averti que la maladie contagieuse était dans cette grande ville; ce qui fit qu'après en avoir conféré avec la duchesse, le roi décida que les baptêmes se feraient à Fontainebleau. Les combats à la barrière , et tous les jeux et divertissemens publics , qui ne pouvaient guère s'exécuter qu'à Paris, se trouvèrent retranchés par cet arrangement, et il fallut s'en tenir aux seules dépenses ordinaires pour les baptêmes des enfans de France, et pour les habillemens de sa majesté. Le nonce , au lieu d'aller trouver le roi à Monceaux, se rendit à Fontainebleau, ainsi que la reine
Je fis un séjour un peu plus long que de coutume à Sully. Le roi , qui sut que j'étais demeuré indisposé à Brie - Comte - Robert , m'écrivit le 29 août , et envoya savoir l'état de ma santé , bonté dont je le remerciai en lui offrant ma vie. Ce prince me fit capitaine-lieutenant de la compagnie des gendarmes , qui fut formée sous le nom de la reine, et accorda à ma prière abolition à La Saminière. Ces grâces toutes seules auraient donné droit à ce prince de tout exiger et de tout attendre de moi. Il lui fâchait fort de voir que le mariage du fils de Noailles1 avec la fille deRoquelaure, au lieu d'unir ces deux maisons , n'avait fait qu'y apporter la discorde. J'employai toutes sortes de moyens pour y rétablir la paix, voyant combien souvent et fortement ce prince m'en pressait. Il est d'un bon prince de tenir unis ceux qui approchent de sa personne , et il est de sa politique de travailler à cette union plutôt par d'autres que par lui-même.
Je fiis aussi bien payé de mes soins pour les
« pour aider à retirer la reine et le duc de Vendôme. La reine « n'eût pas sitôt pris l'air pour respirer, que, jetant un sou- « pir, elle demanda où était le roi... La Châtaigneraie, qu'elle « remarqua surtout l'avoir beaucoup aidée, en fut reconnu « d'un présent de pierreries, et d'une pension annuelle. » Année 1606; de Thou, i36.
' François de Noailles, comte d'Ayen. Rose de Roquelaure.