LIVRE DIX-NEUVIEME
blés ; et, ordonnant à tout le monde de s'asseoir, elle lèur expliqua les motifs de sa conduite dans un discours dont la substance était que, les guerres civiles ayant réduit les finances du royaume dans un état où à peine ses revenus suffisaient à acquitter ses dettes annuelles , il était indispensable non Seulement de continuer à améliorer les affaires par le moyen des recherches et des poursuites auxquelles on avait obligation de voir déjà une partie des dettes de l'état acquittées, mais encore de faire des fonds nouveaux, afin que, s'il surtenait ou une guerre considérable, ou une minorité orageuse , le roi ne se trouvât point obligé, ou de faire banqueroute, ou de replonger les affaires du gouvernement dans leur première confusion, pour soutenir des dépenses auxquelles il ne pourrait suffire autrement; quil était plus à propos de profiter du temps de la paix pour mettre les choses au point qu'on n'eût rien à appréhender de semblable ; que les opérations nécessaires pour cela, mais pourtant sans rien gâter, en les précipitant trop, étaient l'amortissement des rentes faites par l'état sous différens titres , le remboursement des offices, et la réintégration dans les domaines aliénés.
Comme c'était par l'examen des rentes que sa majesté était résolue de commencer, et qu'on devait l'entreprendre dès cette année, elle glissa un
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mot sur cet article, pour préparer les esprits à là juste sévérité de cette opération : ce fut de dire qu'on allait s'appliquer, en premier lieu> à faire une exacte distinction de ceux qui avaient réellement fourni en argent le principal des arrérages qui leur étaient payés des deniers royaux, d'avec ceux qui n'avaient que de fausses hypothèques sur le roi. Henri ajouta qu'il faisait un si grand fond sur l'économie avec laquelle il prétendait dorénavant conduire ses finances, qu'un dessein qui lui prescrivait d'assez grandes sommes d'argent à amasser ne lui paraissait nullement incompatible avec celui de soulager le peuple , par la diminution des impôts, qu'il ne perdrait point de vue. Il exhorta l'assemblée à seconder des intentions si justes et si droites; il ordonna qu'on se rassemblât, pour cet effet, au même endroit, pendant huit jours, deux fois par jour, pour en délibérer plus mûrement, et qu'au bout de ce temps-là, on lui fit rapport des délibérations qu'on aurait formées, promettant de suivre les bons conseils qu'on lui donnerait, avec la même sincérité qu'il leur ferait part des siens, et de ne pas oublier ceux qui, dans cette occasion, se seraient montrés zélés pour le bien de l'état.
Il me semble qu'on a tort de blâmer ces sortes d'assemblées, lors même qu'on ne les prend que pour une formalité, en un sens assez inutile,
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