LIVRE DIX-NEUVIKME. I
La recherche que j'avais proposée contre les financiers et les monopoleurs se fit ensuite par l'érection d'une chambre de justice; mais comme on n'en retrancha point l'abus des sollicitations et des intercessions, elle ne produisit qufc son effet ordinaire , l'impunité des principaux coupables , pendant que les moins considérables subirent toute la rigueur de la loi. On eut ce remède de moins dans les temps qui suivirent immédiatement ma gestion , parce que j'avais grand soin qu'on fît porter sur-le-champ aux coupables la peine de leur friponnerie. Il fut informé exactement de celles qui s'étaient commises à Rouen. On commença à donner à tous ces tours adroits le nom qu'ils méritaient, et ces profits illégitimes, qui avaient si long-temps appauvri la France en enrichissant les financiers , furent traités sans façon de vol et de péculat. La bonne foi commença à se faire jour dans un sanctuaire où elle n'avatf jamais habité.
Les trésoriers de France m'ayant présenté cette année leurs comptes pleins de non-valeurs, pour les faire revenir d'une méthode qui m'était suspecte au dernier point, je crus qu'il n'y avait qu'à leur assigner ces prétendues non-valeurs mêmes pour le paiement de leurs gages de l'année suivante. La destitution de Drouart, en la. place duquel Montauban fut établi, et quelques autres
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coups de eette espèce, avertirent les principaux préposés dans les affaires de faire leur âevoir, et de le bien faire. Par un arrêt rendu contre un nommé Le Roi, il fut défendu, sous peine de cent mille livres d'amende, d'associer aucun étranger dans les fermes de sa majesté. Cet arrêt fut signifié, au nom de Charles Du Han, fermiergénéral des cinq grosses fermes , à tous les principaux intéressés dans les finances, et les autres fermes dii roi à Paris, et dans les villes principales du royaume.
Je portai mes plaintes au roi d'un attentat que le parlement de Toulouse avait fait à son autorité, en défendant de son chef, et contre les édits de sa majesté, de sortir des blés de la province de Languedoc. Je fus averti de cette entreprise par les trésoriers de France de la province, parce qu'elle allait à la ruine des traites foraines , dont les fermiers demandaient un rabais considérable. Elle mettait encore en souffrance les fortifications et les galères, dont l'entretien se prenait sur cette partie.
Les quatre cent mille livres d'augmentation sur les tailles, en quoi avait été convertie une moitié du sou pour livre , continuaient encore à se percevoir , aussi-bien que la seconde moitié de pareille somme imposée sur les marchandises , quoique ledit d'établissement de ces droits n-eût