‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 7 sur 245 · LIVRE DIX-SEPTIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-SEPTIÈME. I

nement du dedans du royaume, enfin la personne du roi.

Ce qu'on peut dire sur la première, c'est que l'union et la paix entre les deux religions dominantes en France paraissant aujourd'hui à tous égards le seul vrai fondement sur lequel doit s'appuyer le système qu'on suivra dans le conseil , il faudrait supposer, en faveur des jésuites, qu'ils adopteront ces vues; mais c'est ce qu'on doit attendre d'eux moins que de toutes autres personnes qu'on puisse imaginer. Le premier de leurs statuts les assujettit si aveuglément à leur général, ou plutôt au pape, que, quand ils auraient personnellement sur cet article les intentions les plus droites et les plus pacifiques , ils ne peuvent se mouvoir que par l'intention de ces deux supérieurs, dont l'un, qui est le pape, peut nous faire beaucoup de mal; et l'autre, qui est leur général , est toujours un Espagnol naturel ou créature de l'Espagne. Or, on ne peut présumer que ce pape et ce général des jésuites voient jamais de bon œil la religion protestante marcher en France sous ses bannières particulières. Il arrivera donc que les jésuites, imbus des maximes ultramontaines , adroits d'ailleurs et intelligens , et pour comble , jaloux de donner la victoire à leur parti, feront un schisme perpétuel dans le peuple par leurs confessions, leurs prédications, leurs livres et

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