IV
leurs discours, d'où naîtra une altération entre les différais membres du corps politique , qui, tôt ou tard , reproduira les guerres civiles dont on vient de sortir.
Ils ne sont pas moins capables de susciter des guerres étrangères ; c'est le second endroit par lequel la bonne politique s'oppose à leur rappel. Le pape , porté d'inclination pour l'Espagne , ou dépendant malgré lui de cette couronne, surtout depuis les dernières invasions qu'elle a faites en Italie; les Espagnols n'ayant de vues que pour la destruction de la monarchie française; les jésuites liés avec l'un et l'autre par principes , par habitude, par religion ; que conclure de tout cela , sinon que la France aura dans ce corps un ennemi d'accord avec ses ennemis pour la renverser? La religion rentre une seconde fois dans ce motif, ea ce que les projets de Henri pour la gloire et la tranquillité de toute l'Europe demandant qu'on porte quelque jour en Italie une armée capable de tirer le pape, et même malgré lui, des entraves où le tient la domination espagnole , et que ce prince s'aide dans ce dessein des puissances protestantes, sans lesquelles on ne peut rien contre l'Espagne , les jésuites ne goûteront jamais un plan de politique universel qui rendra les protestans nécessaires et les affermira en Europe.
Plutôt que de voir un pareil dessein s'exécuter ,