‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 120 sur 239 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

Madanoe en était ayec moi lui défendaient cet honneur. A un second voyage que madame de Rosnv'fit à Fontainebleau, Madame lui fit dire que la raison qu'elle avait apportée à madame de Pangeac ne devait point l'empêcher de venir la voir', et elle lui fit un accueil tout-à-fait gracieux. Elle lui avoua naturellement qu'elle n'était pas encore entièrement revenue à mon égard , parce qu'elle avait cru devoir attendre tout autre chose de moi pour les marques d'amitié que j'avais reçues d'elle dans ma jeunesse. Elle l'entretint de plusieurs parties de plaisir, soit à Pau, soit chez M. de Miossens ' , où elle m'avait fait l'honneur de m'admettre avec elle , et en particulier d'une course de bague où , ayant remporté le prix , qui était une bague de médiocre valeur , allant la recevoir de la main de cette princesse, elle changea la bague, et en mit une de deux mille écus. Elle n'oublia pas que mon père avait souvent porté la reine entre ses bras. Après tout cela , Madame dit fort obligeamment à mon épouse que son ressentiment contre moi ne s'était jamais étendu jusqu'à elle, dont elle aimait l'humeur et le caractère. Elle lui dit mille choses gracieuses , sôit sur M. de Saint-Martin , oncle de mon épouse , qui avait été premier gentilhomme de la chambre du roi, soit sur madame de Saint - Martin , sœur de M. de

' Henri d'Albret, baron de Miossens.

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Mkisseï», et par conséquent parente assez proche de la princesse.

Bladame de Rosny se retira extrêmement satisiaite^ et résolue de ne rien oublier pour me Eure rentrer dans les bonnes grâces de Madame. Elle ne lui en marqua rien cette première fois, mais dans la suite elle s'y employa utilement. Un jour qu'elle lui faisait valoir Fattention que j'avais à expédier les asâgnations pour le paiement des o£Bciers de sa maison , et qu'elle lui représentait qu'il n'y avait eu que des ordres réitérés de sa majesté qui m'avaient (ait vaincre la répugnance que je sentais à me charger de la commission qui l'avait si fort offensée, madame de La Force, qui était en ce moment dans la ruelle de Madame, se joignit à mon épouse. Elles furent appuyées par madame de Pangeac, et, ce qui me surprit beaucoup, par mesdames de Rohan et de La Barre, et toutes ces femmes engagèrent Madame à m'envoyer chercher à l'heure même. Depuis ce moment, où elle reconnut mon innocence , elle m'affectionna au point, qu'elle n'eut plus d'autre confident de tous ses secrets; qu'elle proposa et favorisa de tout son pouvoir le mariage de ma fille avec le duc de Rohan , son plus proche parent *

' Henri II du nom , duc de Rohan , etc. , qui épousa , en ««ffct, Marguerite de Béthune, comme on le verra dans la suite dt) ces mémoires, était petit-iils de René I du nom^ vicomte

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