LIVRE HUITIÈME. Hgi
ginés lui-même, d'abord qu'il sentirait qu'ils avaien t été dictés par un esprit d'équité et de désintéresse-. ment; qu'on ne le verrait point chercher dans son âge, dans son expérience et dans ses qualités personnelles un prétexte bien moins frivole que celui dont les princes ont coutume de se servir pour éluder les réglemens; qu'il montrerait, au contraire, par son exemple qu'ils ne regardent pas moins les rois pour les faire observer que les sujets pour s'y soumettre \
Ce discours achevé, Henri se leva en disant qu'il ne voulait pas même assister, soit par lui, soit par son conseil , à des délibérations que rien ne devait gêner; et il sortit, en effet, avec les conseillers, me laissant seulement dans l'assemblée pour y communiquer les états , les mémoires
' « Si je faisais gloire , dit-il , de passer pour un excellent « orateur, j'aurais apporte ici plus de belles paroles que de n bonne volonté ; mais mon ambition tend à quelque chose « de plus haut que de bien parler ; j'aspire aux glorieux titres
« de libérateur et de restaurateur de la France Je ne vous
« ai point ici appelés , comme faisaient mes prédécesseurs , « pour vous obliger d'approuver aveuglément mes volontés. H Je vous ai fait assembler pour recevoir vos conseils, pour « les croire, pour les suivre, en un mot, pour me mettre en « tutelle entre vos mains : c'est une envie qui ne prend guère <t aux rois, aux barbes grises et aux victorieux comme moi ; « mais l'amour que je porte à mes sujets , et Textréme désir « que j'ai de conserver mon état , me font trouver tout facile « et tout honorable. » Péréf.^ seconde partie.
et tous les papiers de Tétat doftt on pouvait avoir besoin.
Comme à l'occasion des derniers états tenus à Paris , je me suis étendu sur les pratiques et sur les différentes manœuvres qu'on met en usage dans ces grandes et nombreuses assemblées, je me contente de dire qu'au sujet près , ceux-ci n'eurent rien de différent; et lorsqu'il fut enfin nécessaire de venir à la conclusion, qui roulait principalement sur la nature des subsides, et sur la manière de les répartir, aussi bien que sur celle de les lever , on crut qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de compiler un tas d'anciens réglemens inutiles, et même contraires à la conjoncture présente ; car, au lieu de faire réflexion que les états doivent se traiter comme les corps pour lesquels il convient d'user des r'emèdes extraordinaires contre des maladies nouvelles et inusitées, ou de changer d'opération à proportion des progrès qu'on fait dans la connaissance de son mécanisme, telle est la force du préjugé, qu'on s'obstine toujours à chercher la gqérison des maux présens dans des moyens dont l'insuffisance est démontrée de cela seul qu'ils n'ont pu ni les prévenir ni en arrêter le cours. Un respect inconsidéré pour l'antiquité , une fausse idée des causes occasionées par l'éloignement des temps, un jugement peu réfléchi sur le passé , le défaut de vues plus nettes