‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 134 sur 239 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

l'on estima, sans trop d'examen, à trente mil-

^^ilb>ns ' . Qu'il retiendrait la première par ses mains,

et qu'il en acquitterait les pensions, gages d'offî-

. ders, arrérages et autres dettes et engagemens de

l'état. Qu'il prendrait encore sur cette somme de

' quoi faire réparer les villes , bàtimens , chemins 6t autres ouvrages publics, sans que le roini les cours souveraines pussent jamais prendre connaissance de cette somme, ni en faire justifier Ten^loi. Quelle occasion de flatter l'avidité des membres de ce conseil qu'une disposition si absolue d'une moitié des revenus de l'état! Et supposé pour un moment une gestion infidèle, que de parties en souffrance! quelle confusion! quelle ruine! . On laissait avec une égale indépendance la seconde moitié au roi, pour la régir par lui ou par ses ministres, avec la charge de toutes les dépenses militaires, en y comprenant l'artillerie et les for-

i lifications ; des affaires étrangères , négociations et ambassades; de l'entretien de sa maison, de â05 bàtimens , de ses équipages ; enfin des gratifications de ses officiers et de ses menus plaisirs.

* L'auteur a raison de dire que cette estimation n'est pas juste, puisque, malgré l'augmentation des revenus royaux et l'extinction des dettes , arrivées sous son ministère , et qu'on verra dans la suite de ces mémoires monter à une somme trèsconsidérable , le cardinal de Richelieu n'évaluait tous les revenus de l'état, après les changemens que lui-même y avait ajoutés, qu'à trente-cinq millions. TestpoL^ a* part., page i Sa.

99° MËMOIAES DE SCLLT.

Sur la levée de l'administration de ce?, deux p; on ne prescrivait rien à aucun des deux pai pour ne pas blesser cette mutuelle indépendai ^nt les inventeurs s'applaudissaient : comme la force d'un royaume ne dépendait pas de prê» ter, suivant l'exigence des cas, aux parties affligées le secours dont elles ont besoin , et d'y faire fiouler, pour ainsi dire, le sang surabondant de celles qui sont plus saines.

Comme les trente millions à quoi avaient évalués les revenus royaux parurent une soi un ■ peu enflée , il fut résolu qu'on créerait nouvel impôt : ce fut la levée du sou pour livri isuT toutes tes marchandises e^ denrées ' , vendi et achetées dans le royaume, tant en gros qu' détail. Lorsqu'on eut calculé le produit du coi merce des particuliers et les dépenses, soit de né*: cessité, soit de simple commodité, ou même luxe, on crut ne rien risquer en estimant ce noi vel impôt à cinq millions , et on bénit mille foi une idée aussi heureuse, quoiqu'elle ne fût moins chimérique que le nouveau calcul était fcctueux '.

' Le blé seul en fnt excepté.

• Sully pease et parle de l'établissement du sou pour livre, comme presque tout le monde en pensait et en parlait en ce t«nps-là. Le Grain donne néanmoins sou suffrage k cet impât. ( Liv. 6.) Matthieu ne le désapprouve pas ; et ce qui est d'nn

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