LIVRE HUITIÈME
Lorsque rassemblée eut ainsi détaillé et per-
(ctioDué son système, elle envoya des députés le
Iroposer au roi , qui les reçut au milieu de son
^qfieil. L'indignation qu'y causa le projet fut
larquée dans l'instant par des cris et des mur^
res si confus, que le roi eut beaucoup de peine
lire opiner séparément ceux qui le compo-
it. Le champ était vaste, le chagrin et la co-
rendirent tout le monde éloquent. Mon tour
;^yenu, je me contentai de dire froidement
je n'avais rien à ajouter à tous ces beaux
mrs. Le roi , qui m'observait attentivement ,
>rte de ma réserve , voulut m'entretenir avant
!i6 de joindre sa voix, qui devait emporter la
ftsibn pour ou contre le projet de l'assemblée
notables , et remit à achever la délibération
lendemain, en présence des mêmes person-
\. Aussitôt que je fus seul avec ce prince, il
demanda avec empresseinent les raisons de
^n silence, et je lui fis faire les observations
îv;9Ptes.
:!Q est certain que dans l'assemblée des notables
plus grand poids , le cardinal de Richelieu le trouve d'autant plus juste ^ qu'il est établi, dit-il, en dilTérens états, et qu'il avait déjà été résolu en corp^ d*état sous François I*'''. Cependant les obstacles et les inconvéniens dont Sully fait mention dans la suite sont réels , et en partie les mêmes qui font que Richelieu est le premier à détourner Louis XIII de cet éta- Uissement. Test, poi., %^ part., cfaap. 9, sect. 7.
Sur la levée de l'administration de ces deux on ne prescrivait rien à aucun des deux par pour ne pas blesser cette mutuelle indépendan dont les' inventeurs s'applaudissaient : comme ^ la force d'un royaume ne dépendait pas de p ter, suivant l'exigence des cas, aux parties —^,1, gées le secours dont elles ont besoin, et d'y fa^ couler, pour ainsi dire, le sang surabondant 4lr> celles qui sont plus saines. "-^^^
. Comme les trente millions à quoi avaie9jl-é||R^ v évalués les revenus royaux parurent une MtfàÊÊ^j^ uni peu enflée, ilfut résolu qu'on créerait ipip;^' nouvel impôt : ce fut la levée du sou pour UWip ' " SUT toutes les marchandises et denrées ' , vendifÈik et achetées dans le royaume, tant en gros'qtl'e^' détail. Lorsqu'on eut calculé le produit du coïttf *-', merce des particuliers et les dépenses , soit de ùb^ j cessité, soit de simple commodité, ou même d# ■- > luxe, on crut ne rien risquer en estimant ce noiJÊ^ vel impôt à cinq millions , et on bénit mille foie ime idée aussi heureuse, quoiqu'elle ne fut jMift J moins chimérique que le nouveau calcul était dl^ * fectueux^.
' Le blé seul en fut excepté. .
* Sully pense et parle de rétablissement du sou pour livre, comme presque tout le monde en pensait et en parlait en ce temps-là. Le Grain donne néanmoins son suffrage à cet impôt. ( Liv. 6.) Matthieu ne le désapprouve pas ; et ce qui est d*un