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5o6 MÉMOIRES DE SULLY.
la charge, çt convertirent leurs prières en importunités. Ils convinrent qu'ils avaient eu grand tort d'aspirer à gouverner un royaume, et témoignèrent mille fois plus de joie lorsqu'on eut reçu la démission de leur emploi qu'ils n'en avaient senti à le prendre.
Ce fardeau me revint avec celui dont j'étais déjà chargé; et mon travail devint si excessif, que je fus obligé d'y donner le jour et la nuit. Le rétablissement des finances m'occupant avec une espèce de passion, je fis des recherches prodigieuses dans les anciens registres du conseil d'état, des parlemens , des chambres des comptes et des cours des aides, et même dans les mémoires particuUers des anciens secrétaires, d'état;, car les nouveaux ne voulurent pas me communiquer les leurs. Je fis les mêmes opérations dans les bureaux des trésoriers de France, dans la* chambre du trésor , et dans les papiers des trésoriers de l'épargne '. Je fouillai jusque dans ce recueil immense ou sont gardées inscrites toutes les ordon-. nances. Dans le dessein où j'étais de travailler à
' «Rosny, avant qu'ii entrât dans la charge de surintendant, « s^était pourvu de toutes les connaissances nécessaires pour « s'en bien acquitter. Il savait parfaitement tous les revenus « du royaume ,* et toutes les dépenses qu'il y fallait faire. Il « communiqua tout ce qu'il en savait au roi, qui, de son côté , « avait aussi bien étudié toutes ces choses, etc. » Péréfixe , page aaS. .