‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 148 sur 239 · II · texte numérisé non relu

II

jours à craindre; mais plus ordinaires dans les commencemens du règne d'un prince encore enfant. Je m'avançai même jusqu'à prédire que l'Espagne achèterait la paix en rendant toutes les villes qu'elle avait prises sur la France.

L'idée du projet pour la levée de nouveaux deniers fut trouvée par le roi si heureuse , qu'il voulut la proposer lui-même en plein conseil. Il la communiqua auparavant dans une espèce de petit conseil de guerre, composé du duc de Montpensier , de MM. de Montmorency , de Mayenne , d'Auvergne , de Biron, d'Omano, de Bellegarde, de Saint-Luc , de Fervaques , de Roquelaure et de Frontenac. Ensuite il assembla en conseil extraordinaire tout ce qu'il y avait dans Paris de personnes capables d'y être admises, et surtout les notables de l'assemblée de Rouen, qui y séjournaient encore. Le roi ne pouvait s'y prendre plus heureusement pour établir son autorité sur l'impuissance de cette grande assemblée, reconnue par elle-même. Il se x^ontenta d'abord de déplorer la perte d'Amiens , d'exposer la nécessité de reprendre €ette ville au plus tôt , avec le plan tout*à* fait juste de tout ce qui était nécessaire pour cela. Il finit par demander aux assistans leurs avis sur les moyens de le mettre en exécution, en se plaignant, pour mieux cacher ceux qu'il avait à leur proposer lui-même, qu'il ne trouvait ja-

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