‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 158 sur 239 · LIVRE TTEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TTEUVIÈME

être pas impossible de forcer les Espagnols au combat, et de les battre sans discontinuer le siège, du moins Henri eut toujours cette opinion ; il se rendit néanmoins à l'avis du plus grand nombre, qui voulait qu'on laissât retirer l'archiduc. On ne s'attacha donc plus après cela qu'au siège. Le ravelin ayant ètè emporté, et les mineurs attachés au corps de la place, Amiens se rendit à la fin de septembre de cette année, que ce siège avait remplie presque tout entière.

Lorsque je jette les yeux sur le grand nombre de lettres que je reçus du roi pendant l'expédition d'Amiens, je suis surpris qu'un prince chargé des opérations d'un grand siège, et du détail de tout un camp , n'en fut pas moins appliqué à toutes les affaires du dedans de son royaume , et qu'il embrassât avec la même facilité des métiers

faute seule de cette armée s'ils ne sont pas défaits. C'était un homme intrépide. Il s'enfonça au milieu des ennemis, un jour que son bras, engourdi par soja pistolet, ne lui permettait pas de se servir de ses armes. Il y avait jusqu'à des femmes qui combattaient dans l'armée française , habillées en hommes. On en connaissait quatre entre autres qui se distinguèrent jusqu'à faire des prisonniers de leur main, et une surtout, connue sous le nom de Capitaine gascon. Ces particularités sont tirées du volume 8929 des manuscrits royaux. Voyez encore sur ce sujet le tome 6 des Mémoires de la Ligue, où l'on donne de grandes louanges à l'habileté, à la promptitude et à la valeur de Henri IV.

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