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si contraires. J'épargne au lecteur la peine de lire toutes ces lettres, et j'en userai de même à l'égard de celles que sa majesté m'a fait l'honneur de ça'écrire dans la suite. J'en compte plus de trois mille , sans celles que j'ai négligé de ramasser , ou qui ont été perdues par la faute de mes secrétaires ; il serait trop ennuyeux de vouloir rendre compte de chacune au public. Il y en a quelques* unes à l'égard desquelles je respecte l'ordre que ce prince m'a donné de les supprimer , parce qu'elles intéressent des personnes que sa majesté n'aurait pas voulu blesser, et que je dois sans doute bien davantage m'abstenir d'offenser en mettant au jour des brigues poUtiques , ou simplement des intrigues galantes qui sont demeurées dans le secret. Et pour ce qui est de toutes les autres , elles ne roulent que sur des emplois de deniers , des comptes , des paiemens , des pensions et autres choses de cette nature , si sèches et si peu amusantes, qu'elles en deviennent un nouveau sujet de louanges pour Henri.
Sur le chapitre de ses finances , par exemple , on le verrait porter l'exactitude , jusqu'à se faire rendre compte par moi , tous les huit jours , des deniers reçus et de leur usage*. Il ne lui échappe pas que dans une fonte, on a voulu détourner
* On ne pouvait pas dépenser cent écus, dit Péréfixe, sans qu'il sût s'ils avaient été bien ou mai employés.
LrvAE NEUviàiffi. ' 343
une pièce de canon. Dans une remise de six ou sept mille écus , que la nécessité obligea d accorder aux peuples sur les tailles, il liquide lui-même ce qui doit revenir dé gratification à certaines paroisses plus affligées. Il calcule exactement chacun des offices vendus, et l'argent qui en est provenu. Il ne perd de vue aucun de ceux à qui l'état est i^edevable, ou qui- rendent quelque service dan» les provinces éloignées, ou dans les royaumes voisins , et il leur assigne à tous un fonds particulier, avec le dernier discernement. Son grand soin est qu'on n'affecte jamais aucun paiement étranger sur les fonds uniquement destinés pour la guerre , comme il parut dans l'affaire où il s'agissait de faire toucher une récompense au sieur de Vienne , qui avait fait rentrer la ville de Tours dans l'obéissance, ou lorsqu'il fut question de rendre à madame de Beaufort les quatre mille écus qu'il avait empruntés d'elle.
Par rappi^Ft à la guerre, ces lettres sont d'un détail immense. Ce qu'il lui faut d'argent , tant pour la confection des tranchées et des autres travaux , que pour la solde militaire , y est toujours calculé si juste , qu'il ne fiiut point craindre de se tromper en le suivant. L'ordre de la marche de ses troupes n'y est pas réglé avec moins de prudence que celai des convois d'argent qui arrivaient à son armée, aQn qu'ils ne fussent ni retardés »ii interceptés.
Tout cela ne faisait encore qu'une partie de ses soins. La lettre où il parle des réparations de Montreuil , de Boulogne et d'Abbeville ; celles où ij s'étend sur la manière de maintenir l'ordre dans .les provinces , l'obéissance dans les villes , la sub- . ordination dans les corps à l'occasion de la chambre des comptes qui lui avait manqué de respect ; celle où il dit : « Je ne prétends point raélerdes ce parties de mascarades avec des deniers destinés « pour mon armée, » parce que Mortier, qui avait fourni des habits pour une fête , s'était fait insérer dans un mémoire de frais militaires ; celle encore où , en répondant sur l'offre que lui avait fait faire la ville de Paris , par ses prévôt et échevins , de soudoyer à ses dépens douze cents hommes , il décharge cette ville, en considération de ce service, du doublement des aides ; et mille autres . traits de cette espèce montrent que de la même main dont il savait tracer un plan d'attaque il ne savait pas moins bien conduire 1^ affaires du cabinet.
Son entretien personnel était le seul qu'on pourrait trouver qu'il négligeait. Il fallait , pour l'obliger à y penser , que Monglat , son premier maîtred'hôtel, l'avertît que sa marmite^ c'est ainsi qu'il le dit dans quelques-unes de ses lettres , est prête à donner du nez en terre. Il ne rougit point d'avouer tme chose dont il n'y avait en effet que