‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 160 sur 239 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

ses ennemis domestiques qui dussent rougir , qu'il était presque nu , sans armes et sans chevaux. Il trouva pourtant le moyen dans la suite de se Ésiire un fonds pour sa subsistance, qui ne put être confondu avec aucun autre ; c'est le marc d'or , provenant des offices vendus , qu'il destine à cet usage. Voilà le sujet d'une partie des lettres de cette année, sur lesquelles on peut juger de tout68 celles des années suivantes , que je garde soigneusement en original, mais dont je ne communiquerai au public que ce qu'il y a de plus important. Une chose qu'il ne faut pas oublier de remarquer , c'est que , quoiqu'elles soient en trèsgrand nombre , et pour la plupart très-longues , elles sont pourtant presque toutes écrites de sa main , surtout celles qu'il adresse directement au conseil, ou à moi ^

* J'ai remarqué dans la préface les raisons qui m*ont porté à ne pas transcrire ici ce grand hombre de lettres. On peut les voir à la tête da nouveau recueil de lettres de Henri le Grand. Les originaux de quelques-unes de ces lettres se voient encore aujourd'hui dans le beau cabinet du duc de Sully, apostilles de la main de Maximilien de Béthune ; mais les pièces de ce cabinet, les plus précieuses en ce genre , sont, outre un assez grand nombre de lettres originales de Henri III , et d'autres princes de ce temps>là^ des papiers d*état, lettres, écrits sérieux ou galans, et autres morceaux, écrits de la main de Henri le Grand et de celle de son ininistre , ou simplement signés et apostilles par eux. Nous avons déjà parlé de ceux qui concernent raccommodement de l'amiral de Yillar», et des

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Je me ttx)uvai au conseil , qui &t tenu après la prise d'Amiens , sur les opérations du reste delà campagne. On y mit trois choses en avant : suivre Farmée ennemie , se saisir par surprise de quelques villes d'Artois , et assiéger en forme Dourlens. Sur quoi chacun proposa son avis. Le mien fut qu'il ne fallait pas espérer que le cardinal^ infant , qui avait si opiniâtrement refusé le combat, lorsqu'il ne lui restait que cette ressource pour secourir Amiens , s'y laissât engager , n^in«tenabt qu'il savait qu'il avait sur les bras toutes les forces du roi , et ayant eu tout le temps de prendre ses mesures pour l'éviter ; qu'il n'y avait pas non plus d'apparence que ces entreprises sur les villes d'Artois réussissent dans le voisinage d'une armée si nombreuse ; mais qu'eniki l'un et l'autre me paraissait préférable au projet d'assiéger Dourlens, parce que quinze jours suffisaient pour voir ce qu'on devait attendre de ces desseins , qu'on pouvait d'ailleurs manquer sans honte , au lieu qu'on aurait infailliblement le regret d'avoir consumé inutilement pour le dernier beaucoup de temps , d'argent et de troupes. Il fut arrêté qu'on tenterait brusquement les deux premiers moyens , sans pour cela renoncer au siège

autres gouverneurs et villes, surtout de Normandie. Nous aurons encore occasion dans la suite d'en rapporter ou indiquer quelque^ autres.

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