‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 173 sur 239 · LIVRE TTEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TTEUVIÈME

sition de cet accord fameux sous le nom $édit de Nantes^ par lequel les débits des deux religions allaient être aussi solidement établis dans la suite que nettementiéclaircis. Schomberg, le présideiit de Thou , Jeaniân et Calignon furent chargés de le dresser. Je n'en dirai rieuQ dav^É^bige, sinon que, mo|^ennant cet édit, lea calvinistes français, qui jusque-là n'avaient subsisté que par des trêves reprises et continuées ^ ^ virent enfin im état fixe et durable ^ Il restait à faire vérifier et autoriser ce traité par les parlemens et les cours souveraines, à commencer par celles de Paris : ce qui fut remis après le retour du roi en cette ville.

AyanI satisfait dans la plus exacte justice à ce

* L'édit de Nantes fut signé le 1 3 avril 1 598. De Thou dit que la vériQcation en fut remise après le départ du légat , qu'on ne voulait pas renvoyer mécontent. Ce que cet édit a de plus favorable aux calvinistes que ceux qui leur avaient été accordés précédemment , c'est qaW les admet aux charges de judicature et de finance. Tout le reste n'a rien d'essentiellement différent de l'édit de pacification de 1577. Bayle fait honneur au ministre Chamier de la composition de l'édit de Nantes. Voyez-le dans Matthieu, tome 2, liv. a, et plusieurs autres historiens. Il y eut aussi quelques articles secrets dont le plus désavantageux pour les calvinistes est celui qui leur défend l'exercice de leur religion dans plusieurs .villes et territoires, comme Reims, Soissons, Dijon, Sens, etc., parce que Henri IV s'y était engagé par ses traités particuliers avec ies différens seigneurs de la Ligue.

qu'il devait aux réformés, Henri q^ut qu'il ne devait plus si fort ménager les mutins de ce corps, et en particulier le duc de Bouillon , qui avait le plus de reproches à se faire ; et il se disposa à lui parler une fois en rbaître. Il venait d'en acquérir le droit , q^WE^d même sa qualité de roi ne te lui aurait pas«4Ê>n<)^- Il attendit pour le faire qu'il fut arrivé à Rennes, dont il prit la route sans tarder. Le duc de Bouillon était logé chez L'Alloué, où sa goutte lé retenait au lit. Sa majesté s'y transporta, comme pour lui rendre visite; et, après le premier compliment, ayant fait sortir tout le monde de la chambre du malade , il lui dit d'écouter sans l'interrompre tout ce qu'il avait à lui dire, et commença par le détail de toutes ses différentes manœuvres, afin de lui faire voir qu'il n'en ignorait aucune. Il s'arrêta principalement sur quelques démarches du duc , d'autant plus criminelles, qu'il les avait faites depuis l'édit de Nantes , qui devait lui avoir interdit toute pensée de se soulever contre un prince qui se prêtait si gétïéreusement à sa satisfaction. Le duc voulut prendre la parole pour s'excuser; mais il fut arrêté par sa majesté qui lui dit que , san;^ autre justification , de ce jour elle oubliait tout le passé , et qu'après avoir pardonné tout ce que la malice la plus noire avait pu suggérer à ses ennemis , elle n'avait garde 4'c^xclure de ses grâces un

Page 1