‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 180 sur 239 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

moment présent, lut de remettre à prendre une dernière résolution après qu'on aurait obtenu du pape cette permission tant sollicitée, et de garder jusque-là le plus profond secret sur tous ses saitimens. Il me promit qu'il ne dirait rien des miens à sa maîtresse , de peur de me mettre mal avec elle, a Elle vous aime , me dit-il , et vous estiioe (( encore davantage; mais il lui reste toujours « quelque défiance que vous ne lui soyez pas fa*

après son retour de Bretagne), il fit appeler ses trois ministres (MM. de Rosny) dé l^illeroi et de SîHcry) pour traiter avec eux cette questions! importante de son mariage; que le premier y qui est à coup sûr Rosny,' opina , comme il fait dans cet endroit de ses mémoires ; que le second lui conseilla , au contraire, de ne flè point marier, et de laisser sa succession au prince de Oàûdé, que le droit de sa naissance faisait son héritier; que le troisième enfin (c'était Sillery, le plus fin courtisan des trois )> contredisant l'un et l'autre avis, lui dît qu'il ne pouvait mieux faire que d'épouser s^ maîtresse, et légitimer l'aîné des enfans qu'il avait d'elle. Aenn IV ( confJhue l'auteur de cette anecdote, qui s'annonce pour être une personne à laquelle l'un des trois minimes même fit part de ce qui venait de se passer entre Le roi et eux), Henri IV parut ému de ce discours , et ensuite dit : « Je m'étais promis beau- <( coup de vos suffisances et fidélités au conseil que j'ai désiré

« prendre de vous touchant mon mariage Et toutefois j'ai

» peur qu'au lieu de me &ire résoudre , vous n'ayez augmenté « mon irrésolution par la contrariété de vos opinions, ac- « compagnées de raisons si puissantes, que je me trouve bien « empêché au jugement que je dois faire de la meilleure : à « cela donc, j'ai besoin d'un peu de temps pour y songer, etc. » Ce qu'ayanit dit, il se leva*., et donna congé à ces messieurs.

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« vorable dans les avantages que je suis porté à d fiaire à ses enfans et à elle. Elle me dit souvent «qu'il semble, à voiis entendre mettre sans cesse ce en avant mon état et ma gloire, que vous préce ferez l'un à ma personne et Vautre à mon con- «c lentement. » Je répondis encore que je ne m*en défendais pas ; que l'état et le souverain ne devaient point être envisagés sous deux regards disférens : « Songez, Sire, ajoutai -je, que, votre « vertu étant l'esprit qui anime véritablement ce <c grand corps, il doit vous rendre par sa splen- « deur la gloire et la félicité qu'il tire de vous, et « que vous ne pouvez chercher la vôtre ailleurs. » Après cet entretien, nous sortîmj^du jardin, et nous nous séparâmes pour aller |(ê^|||>er, laissant

les courtisans se donner la torture * jpour deviner le sujet d'une entrevue aussi longue.

Jl^pus n'^viops %it aucune attention , le roi ni moi, à ime circonstance dont le défaut a souvent été un obstacle dai^ de semblables occasions ; je veux dire, au consentement de la reine Marguerite à la dissolution de son mariage. Je crus devoir entamer cette négociation, en attendant le succès de celle qui se pratiquait à Rome. Je voulus d'abord sonder quels étaient les sentimens de cette princesse. La teneur de la lettre que je lui écrivis à ce sujet était, que, souhaitant passionnément son raccommodement avec le roi , sur le-

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