‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 195 sur 239 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

inclination naturelle à l'ordre et à réconomie, encore cultivée par une étude particulière de cette science, depuis vingt-cinq ans que j'étais attaché à la personne du prince; et, s'il m'est permis de le dire , une passion encore plus forte pour la vertu et pour l'honneur; voilà les dispositions que j'ai apportées pour le maniement des affaires publiques. Avec elles, quoiqu'on ne soit pas exempt de commettre des fautes, et même d'assez considérables, cependant (et l'expérience, aussi-bien que le succès de mon travail , me donnent droit de le dire) on peut assurer que les finances d'uu-

r< général de ses finances, avec telle autorité, qu*ii ne s'en vit (c jamais une pareille en telle charge; en laquelle il faut cona fesser qu'il fallait alors un homme qui eût les yeux Landes, c< et qui ne regardât rien, que le profit du roi ^ c*ost-4-dire du a trésor public, qu'il était nécessaire de rematlre en vigueur; <i et qui fût plus rude que la dignité des uns et le respect des

c( autres , n'eût pu porter en autre saison £t de fait cette

<c grande et autorité et puissance que le roi lui donna rendit « en peu de temp& la force aux nerfs, de l'état, eto. » Voyez tout ce que dit cet écrivain au sujet de Sully, liv. 7.

a II mit, ce sont les paroles de d'Aubignéj tome ^, Kv. 5, « chap. S, les finances es- mains du marquis de Rosny, depuis « duc de Sully, pour ce qu'il trouvait en lui un esprit fort gé- « uéral et laborieux, et une auâtérité naturelle, qui, mépri- « sant les bonnes grâces de tous, portait l'envie des refus, et « par là fit la bourse du roi , à quoi le naturel du maître tenait u bien sa partie, etc. ».

Voici comme il en est pavlétdttM^nn discours qui se voit^ tome 3, des Mémoires ttéua ft)diaiig6ment do

4sa MEMOIRES DE SULLY.

état sont tombées dans de bonnes mains lorsqu'un peu de jugement, beaucoup de travail et d^exactitude, plus de probité encore, sont les qualités qu'on remarque dans celui qui les gouyerne. Je n'oserais me donuer plus de part dans le portrait que je vais tracer du véritable homme éfi finance , parce que, quoique je me le sois toujours proposé à imiter, je suis sincèrement trèsélôîgné de prétendre mpi-méme me donner pour modèle.

Il serait bien plus court de dire que l'homme appelé à la conduite des affaires doit être un homme sans passions ; mais , pour ne pas les dé-

a vi^ge que ledit sieur de Sully a donné à la France nécessi- (( teufle>la rendant opulente par son industrie, témoigne assez « AjLSttffisance. Les remontrances qu'il faisait aux volontés du « loiyet les résistances à tous les grands démontrent sa vertu... , % «a prudence et son courage. Ses envieux mêmes disent que <« lui s«al est plus utile au public y et sait mieux les affaires « q^e tous les autres ensemble , etc. «» Le diseours manuscrit que nous avons cité dans la préface se rapporte à celui-ci y et on peut y ajouter le témoignage de presque tous les historiens qt mémoires de ce temps<-là, qui conviennent que Sully a mérité ea rigueur les noms de ministre très-laborieux, trèa-eapable^ très-iniègre, et surtout très-ferme. Les défauts de hauteur, db dureté et de vanité, qui sont presque les seuls qu'on lui ait reprochés , viennent de oette dernière qualité , poussée ^aas doute un peu trop loin. Nous auvons encore occasion d'en parler dans la suite ; mais j'ai cru devoir joindre d'avance CCS témoignages à la description qu'il fait en cet endroit de ses monM Ht de sa conduite.

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