LIVRE DIXIÈME
Je crus que rien ne pressait davantage que de couper tout d'un coup ce mal dans sa racine par une seconde déclaration qui défendait à tous étrangers et naturels , princes du sang et autres officiers , de lever aucun droit , à quelque titre ou créance que ce pût être , sur les fermes et autres revenus de l'état , et leur enjoignait de s'adresser au seul trésor royal pour être payés de leurs pensions , arrérages , etc. Je vis tranquillement se former l'orage qu'une pareille déclaration ne pouvait manquer d'exciter contre moi. En effet l'arrêt n'eut pas plus tôt été rendu , que tout retentit des cris des seigneurs et des principaux partisans , comme si c'avait été les mettre à la mendicité ( car c'est en ces termes qu'ils s'en expliquent) que de les réduire aux termes de leurs premières conventions, et de faire changer de fond à leur créance. Le roi , naturellement sensible à la plainte , ne put s'imaginer que ces cris fussent aussi déraisonnables qu'ils l'étaient , et crut que par zèle j'avais commis peut-être quelque imprudence. Il m'envoya chercher , et me dit : a Ah ! mon ami , qu'ace vez-vous fait ! »
Il ne me fut pas difficile de faire sentir à sa majesté que ce que j'avais fait procédait d'un motif de justice et d'ordre ; que ses finances ne devaient plus avoir tant de maîtres , ni tant d'hypothèques différentes^ %rmes lui jeteraient un pro-