LIVRE SIXIÈMES
madame de Simiers , à l'abbé de Tiron et à Lafont, qui parlèrent tous comme moi. Je me hâtai de faire le .traité , nous le signâmes , et j'en envoyai aussitôt une copie au roi, avec une longue lettre qui. le mettait au fait de tout ce qui s'était passé. Mais avant que la réponse fut venue à Rouen, il arriva un autre incident qui pensa la rendre inutile.
La plus grande partie des gouverneurs des pe* tites places aux environs de Rouen , bien loin de les porter à l'obéissance qu'elles devaient au roi , les entretenaient dans la révolte, parce qu'à la faveur des troubles , ils faisaient quantité de profits qu'ils prévoyaient devoir cesser avec la guerre. Les plus adroits se rendaient nécessaires aux deux partis, et les ménageaient pour les rançonner également. DuRollet, gouverneur de Pont-de-l' Arche, était un de ceux qui £aiisaient ce manège le plus subtilement II avait flatté le roi, il y avait plus d'un an , qu'il trouverait les moyens de lui livrer la ville de Rouen et la personne du gouverneur , à condition qu'on lui donnerait le gouvernement de cette place, que sa majesté lui avait prrjmis par écrit à tout ifsque. N'ayant pas réuiuii dan* une entreprise qui passait ses forces , du Kollet se mit dans la tête de Êûre échouer ma n^odation , et voici comment il s'y prit
Il ordonna à un capitaine, nommé iHipré^ ik
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se mettre à ma suite lorsque je passai par Pontde-l'Àrche , et d'entrer dans Rouen avec moi. J'étais averti que du RoUet n'était pas fort bien intentionné; mais, pour ce capitaine, je ne pouvais le soupçonner de rien , ni l'empêcher de me suivre; et une chose que j'ignorais absolument , c'est que Dupré était ce même homme dont du RoUet s'était servi auparavant pour cabaier dans Rouen ' contre Villars. Il n'y fut pas plus tôt rentré, que , renouant ses connaissances, il se mit à la tête d'un parti d'étourdis , auxquels il fit former le dessein de s'emparer du vieux palais , et de se saisir du gouverneur, leur persuadant qu'il agissait par mon ordre. Comme il n'avait point d'autre but que de porter ce gouverneur aux extrémités contre moi , il ne s'embarrassa pas beaucoup que la chose demeurât secrète , et elle fut en effet incontinent rapportée à Villars.
On se figure aisément à quel excès de colère il se porta à cette nouvelle, et tout ce qui lui passa dans la tête conti'e le roi, et surtout contre moi. Il n'approfondit pas davantage. Il crut avoir une preuve sans réplique de ma mauvaise foi. Il envoya dans le moment d'Isencourt me dire de
* Pendant le siège de Rouen, du Rollet cherchant à se jeter dans cette ville, avait été pris et enfermé dans le vieux palais, o à il ne laissa pas apparemment de continuer ses brigues en faveur du roi. Cayet, liv. 4 9 page i4*