‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 228 sur 239 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

n'était propre qu'à y fisdre naître de l'altération. Je les trompai en me présentant à celle-ci. Le duc de Bouillon comprit aisément le dessein qui m'y amenait ainsi, contre mon ordinaire, et me le fit entendre d'un ton amer et irmiique , auquel je repartis en m'excusant sur les affaires de mon ministère , et en feignant de ne pas savoir quel était le sujet de la présente assemblée. Sans paraître £sdre attention à l'air mutin et aux paroles que lâcha La Trimouille, pour marquer qu'ils n'étaient pas persuadés que je parlasse sincèrement, j'allai me placer entre MM. de Mouy, de Clermont et de Sainte -Marie -du -Mont, qui, en m'instnlisant de la matière qui allait être mise sur le tapis 9 m'assurèrent que l'article qui Êdsait tant de bruit était désapprouvé de presque tous les protestans, et n'était opiniâtre que par MM.' de Bouillon, de La Trimouille, du Plessis, et quelques autres de la cabale, dans le dessein de porter les choses à une guerre civile. Ils n'en fiirent pas les maîtres, malgré leurs mouvemens et tous leurs cris. Lorsqu'on en vint aux opinions , l'avis contraire au leur l'emporta, parce que les meilleures raisons furent de notre coté *•

' L'édit de Nantes fut enfin vérifié le jeudi iS février 1699 , après bien des difficultés du clergé, de l'université et du parlement. C'est à cette occasion que Henri IV dît aux évéques : « Vous m'avez exhorté de mon devoir, je vous exhorte du

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.Ou rapporta aussi quelques modiQcat^ôns aux autres articles dans lesquels le bien public parut n'avoir pas été assez ménagé. La conduite pleine de justice et dé douceur de Henri fut sentie de tout le monde: Il voulut bien encore en expliquer les motife au plus grand nombre , après que jla

« votre : Faisons bien à l'envi les uns des autres. Mes prédéces- « Beurs vous ont donné de belles paroles ^ œ^s moi , avec ma « jaquette grise , je vous donnerai de bons effets. Je suis tout « gi'is au dehors , mais je suis tout d'or au dedans : je verrai « vos cahiers , et j'y répondrai le plus favorablement qu'il me « sera possible. > Voici ce qu'il répondit au parlement qui était venu lui faire des remontrances : « Vous me voyez en mon ca«n binet, où je viens vous parler, non pas en habit royal, ni « avec répée et la cape , comme mes prédécesseurs , ni comme «r un prince qui vient recevoir des ambassadeurs, mais vêtu « comme un père de famille, en pourpoint, pour parler fânti- « lièr«ment à ses enfans. Ce que j'ai à vous dire, est que je « vous prie de vérifier l'édit que j'ai accordé à ceux de la re- « ligion. Ce que j'en ai fait est pour le bien de la paix ; je l'ai « faite au dehors; je veux la faire au dedans de mon royaume. » Après leur avoir exposé les raisons qu'il avait eues de faire redit, il ajouta : « Ceux qui empêchent que mon édit ne passe « veulent la guerre ; je la déclarerai demain à ceux de la reli- « gion; mais je ne la ferai pas, je les y enverrai. J'ai fait l'édit, « je veux qu'il s'observe. Ma volonté devrait servir de raison. « On ne la demande jamais au prince dans un état obéissant. « Je suis roi ; je vous parle en roi : je veux être obéi. » (Péréfixe, ibid,y et Journal de Henri IF, ibid,) Voyez aussi, dans de Thon et dans le Septénaire, les n^odifications apportées à l'édit de Nantes, et tous les discours tenus à cette occasion i année 1599.

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