LIVRE SIXIÈME
« et d'en parler en si bons termes. » Depuis ce moment, Yiilars ne s'écarta jamais des sentimens de soumission et d'attachement qu'il avait pris pour le roi, et sa majesté put compter que, parmi se6 plus anciens serviteurs, elle n'en avait point de plus affectionné. Il me pria de me contenter de sa parole pour l'exécution de tous les articles compris au traité, et je l'acceptai comme la meilleure caution qu'il pouvait me donner.
J'employai le reste du temps que j'avais à séjourner à Rouen , à régler quelques autres affaires de même nature. Je passais le jour avec l'amiral de YiUars, et je m'enfermais la nuit pour donner audience aux principaux officiers, tant de la ville et du parlement que de la guerre ^ répandus dans la province, qui venaient me trouver en secret pour concerter ensemble les moyens de détacher les peuples de la Ligue. Medavy fut de ce nombre. Je consommai le traité avec lui. Yerneuil n'étant pas une ville d'assez grande importance pour qu'on eut pour elle les mêmes égards que pour Houen, le roi ordonna à Medavy de rendre son traité pu^ blic, afin de donner l'exemple aux autres gouverneurs*
Coînme je n'avais garde de manquer au rendezvous que sa majesté m'avait donné, je me hâtai de quitter Rouen , comblé de remercimens et de poUtesses de la part du gouverneur^ Je me
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ët*|)arai avec une égale satisfaction de l'abbé de Tiron et de madame de Simiers. Je leur promis il« retenir dans peu, et à madame de Simiers d'animer avec nioi le marquis de Vitry, son frère, uvfc un corps de troupes qui put mettre Villars im éUU de s*expUquer sans crainte. Je leur avais aMHtiM crobligation pour leur rendre ce service, quand rinU^ret de sa majesté ne s'y serait pas h»ouv^^ joint.
{\\'s\ Hur les intelligences que le roi avait pratii|UtVs dans Paris que ce prince fondait ses espémncos d'y èti*e bientôt introduit , et il s'ache* minait de Saint «Denis vers cette ville lorsque j'arrivai près de lui. La partie était si bien faite-, et tant de personnes également braves et fidèles s'en étaient mêlées , qu'il était comme im]x>ssibie qu'elle ne réussît pas. Depuis la journée d'Arqués, où le comte de Beliu, qu'on a vu qui y fut bat prisonnier, s'était convaincu par lui-même des grandes qualités du roi et de la faiblesse de ses ennemis, le duc de Mayenne s'était aperçu que ce gouverneur était secrètement porté d'inclination pour le roi. Sur ce soupçon , il n'hésita pas à lui ôter le gouvernement d'une ville aussi considérable pour le parti que l'était Paris* , et cherchant
'. Lè-parlement rendit en cette occasion un arrêt qui fait bieh' honneur au comte de Belin. Il y exhorte les bourgeois à s'oppoier à.son expulsion, et à sortir plutôt de Paris^vec lui.