‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 27 sur 239 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

par celui de quelque danger , il n'y a presque perscnuie qui ne se porte à trahir son meilleur ami. firissac en usa de même \ U reprit le dessein du comte de Belin, mais par un motif beaucoup moins noble; et il ne songea plus qu'à mettre l'as»tdière au prix dont il voulait vendre au roi la trahison qu'il iÎEÛsait au duc de Mayame pendant son absence. Saint - Luc ^ , son beau*frère , fut chargé de négocier avec le roi, et lorsqu'il eut obtënii des conditioDs dont Brissac eut lieu d'être content, odui-ci s'accorda à faire entrer dans Paris Henri avec son armée malgré les Espagnols. Il était le naitre des troupes de ht Ligtie. Pour le peuple , il n'était déjà plus besoin de lui fadre à cet égard aucune violence.

D'O^ prit aussitôt les devans, et se fit donner les provisions du gouvernement de Paris et FUe de France. Il y avait ici un conflit d'intérêt qui embarrassait ce surintendant au point que, mal-

' Le duc de Mayenne fat aveni, k ce que marque de Thon, par la duchesse de Guise, sa mère, de la trahLïOD de BrissMur; mais il nen voulut rien croire. Consultes sup cette réduction de la ville de Paris, Matthieu, tooie 2, Hv. i , pa^ 17/f ; la Chronniogie movr/maire, livre 6, page 334». ^ antres Us* toriens.

' Finnçois d'Épinay, sieur de Saintr-Loc, grand-makre de raitlllerie.

' Vos mémoires ne marquent pas qne d*0 avait été dé* ponillé par la li^e de ce gouvernement, ^«^ ««^ eu éUt Henri lU, Féréf. 2^ part.

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gré sa nouvelle dignité , la réduction de Paris était une des choses qu'il craignait le plus de voir arriver. A l'entendre, cette crainte n'avait d'autre cause que celle de voir les finances en proie aux gens d'épée et de robe , dont il disait que le roi allait être accablé sitôt qu'il serait le maître de Paris, pour le paiement des pensions, appointemens et gratifications; mais ce discours n'en imposait qu'à ceux qui ignoraient de quel profit il était pour lui d'entretenir les choses dans leur première confusion , et avec quel fruit il y avait travaillé jusqu'alors.

Le roi mit en action tous les amis du comte de Belin , sur lequel il comptait bien autant que sur • Biissac, et vint, à la tête d'environ huit mille hommes, se présenter le a 2 mars, à cinq heures du matin , à là porte neuve , où il trouva le prévôt des marchands * et les échevins de la ville ,

' Jean L'Hiiillier, qui était ce prévôt des marchands, répondit à Brissac qui lui disait qu'il fallait rendre à César ce qui appartient à César : « Il faut le lui rendre, et non pas le « lui vendre. » Mémoires pour l* histoire de France. Le journal de rÉtoilc donne ce bon mot à Henri IV. L'Huillier fut récompensé d'une charge de président de la chambre des comptes, et de conseiller d'état ; et Martin Langlois, échevin, fut fait prévôt des marchands. [Le Grain, liv. 6.) On lit dans un discours, vol. 9o33, manuscrits de la bibliothèque du Roi 9 que Henri IV, étant entré dans Paris par la porte neuve, qui s'est depuis nommée la porte de la Conférence y en ressortit et y entra plusieurs fois, craignant, malgré toutes les assarantM^

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