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qui le reçurent comme en cérémonie. Il alla aussitôt se saisir du Louvre, du palais , du grand et du petit Châtelet, et , ne trouvant d'opposition nulle part , il parvint jusqu'à Notre-Dame , où il entra pour rendre ses actions de grâces à Dieu. Ses soldats répondirent si bien de leur côté à l'ordre ^ et à l'intention de leur maître, qu'on ne se plaignit* pas dans toute cette grande ville de la moindre violence de leur part. Ils s'emparèrent des principales places et carrefours, où ils se rangèrent et se tinrent eh bataille. Rien ne branla ; et dès ce même jour on vit les boutiques ouvertes avec toute la sécurité qu'aurait pu donner la plus longue paix.
Il ne restait aux Espagnols que la Bastille , le Temple, et les quartiers de Saint-Antoine et de Saint-Martin, où ils s'étaient cantonnés au nombre
de ces prévôt et échevins , qu'on ne cherchât à faire entrer sa troupe dans Paris pour la tailler en pièces et se saisir de sa personne.
' « Le roi, ayant avisé un soldat qui prenait par force un « pain sur la boutique d'un boulanger, y courut lui-même , « et le voulut tuer. » Journal de V Étoile. Péréfixe dit que La Noue ayant été arrêté par des huissiers pour des dettes que son père avait contractées au service de ce prince, et s'étant allé plaindre à lui de cette insolence, il lui répondit publiquement : « La Noue, il faut payer ses dettes, je paie bien les « mieimes : » mais qu'après cela il le tira à part , et lui donna de ses pierreries pour les engager aux créanciers au lieu du bagige qalb lui avaient saisi. Péréf. %• part.
6l MEMOIRES DE SULLT.
<l'environ quatre mille , ayaot à leur tête le duc 4c Feria et don Diego d'Evora, tous fort surpris d'une nouvelle si inattendue ' , et dans la résolution de se défendre jusqu'à l'extrémité, si l'on entreprenait de les forcer dans ces endroits avantageux. Le roi les tira de leur embarras en leur faisant dire qu'ils pouvaient sortir de Paris et se retirer en toute assurance. Il traita avec la mféme dôuceunr les cardinaux de Plaisance et de Pellevé , quelque ressentiment qu'il eût pu conserver de leur conduite à son égard. Soissons fut l'endroit où se retirèrent tous ces ennemis du roi ^ , à la feveur d'une bonne escorte. Sa majesté fit publier un pardon général ^ pour tous les Français qui
• L*Etoile marque que la nouvelle en ayant été portée aux Espagnols, que Langlois amusait cependant par des traits Me l'histoire romaine, le duc de Feria s'écria par deux ou trois fois : Ah! grand roi! grand roi! Journal de V Étoile,
" « Le roi les voulut voir sortir, et les regarda passer d'une •t fenêtre au-dessus de la porte Saint-Denis. Ils le saluèrent « tous, le chapeau fort bas, et avec une profonde inclination. « Il rendit le salut i\ tous les chefs avec grande courtoisie ; « ajoutant ces paroles : Recommandez-moi bien à votre mai- « tre, et allez vous-en, à la bonne heure, mais n*y revenez « plus. » [Pcnf, 2* part.) Ce récit est conforme à celui des Mémoires pour l'histoire de France ; mais il est contredit par le journal du même auteur.
' Tous les mémoires de ce temps-là sont pleins de traits de clémence de Henri, et de ses reparties vives et agréables : voyez les mémoires cités ci-dessus. « Un ligueur venant le « trouver comme il jouait à la ^rime : Venez , lui dit-il , soyez