IT
82 MÉMOIKES DE SULLT.
louanges. Apercevant ensuite le duc de Montpensier, il alla lui prendre les mains et les lui baisa, en i'appelant son supérieur, et en se démettant du gouvernement en chef de Rouen : ce qu'il fit * de si bonne grâce , qtie ce prince , qui l'avait d'abord reçu assez froidement, touché de sa générosité, l'embrassa plusieurs fois de suite, et en fit dès ce moment un de ses plus chers amis.
Le mois d'avril et celui de mai furent employés de la métne manière, par le roi et son conseil, à recevoir les députés des différentes villes et les gouverneurs qui venaient traiter des conditions de leur reddition : celles de Lyon et de Poitiers furent les plus considérables. Étrange vicissitude du duc de Nemours ' ! D'abord cet honame ambitieux laisse entrer dans son esprit le projet chimérique de se faire roi de France en épousant l'infante d'Espagne. La haine publique et l'opposition de son propre frère, le duc de Mayenne, l'obligent de renoncer à cette folle prétention. Il s'en dédommage aussitôt en se bâtissant en idée , des provinces du Lyonnais, Seaujolais, Forez, Maçonnais et Dombes, une principauté relevante de l'Espagne. Il commence par songer à s'assurer de la capitale de son nouveau royaume; mais ceux
' Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours, fils de Jacques et d*Amie d*Est, veuve de François de Lorraine, duc de Guise.