LIVRE SIXIÈME
de Lyon % plus fins que lui, s'assurent eux-mêmes de la personne de leur prétendu souverain , qui les traitait déjà en tyran, et le gardent à vue, sans aucune intention de rompre pour cela avec le parti. La Ligue prend pour un affront le traitetement fait à un de ses chefs. Saint-Sorlin*, jeune fipère du duc de Nempurs, intéresse l'Espagne dans sa querelle, et obtient du duc de Savoie et du duc de Terra-Nova, gouverneur de Milan, un puissant secours avec lequel il vient fondre contre les Lyonnais. Ceux-ci, déterminés par cette vio* lenœ à se séparer ouvertement de la Ligue, appell^it le colond d'Omano, avec lequel, se sentant les plus forts , ils se déclarent hautement pour le rm, abattait et traînent dans la boue les armes et les livrées d'Espagne, de Savoie et de Nemours; font brûler en place publique, avec une espèce de bave insultante, l'effigie d'une femme
* Péréfixe (ait le âac de Mayenne Ini-aiénie aateor de cette révaltede Lvob, parce qoll Toalaif rarir cette vîWe à son frère uténB. Ce qoe Tautear dit Ici da doc de Nemours ne doit pat empédier qo^on ne loi rende justice d'ailleurs. Tons les historiens oMnienneirt que par les belles qualités du corps et de Te^irit, fl était un des seigneurs de France le plus recommandaUe. Taya, son clo^ et cehii du narquis de Saint-SorliB^ saa frère, dans le troîsâêaie tane <les Ménudret de Brmniaimef à fartide mtatmscràf de Xemmirs, p. i et suit., et le àiiMW des affaires de Lvoa, dans Orrei^ \\\. 6 , fol. 299,^1 les autres
Henri de Sanne JSenKNirs , marquis de Saint-Sorlin.
habillée en sorcière, portant écrit sur son front, la Ligue y et ne donnent pour tout délai qu'un mois à toutes les petites villes de la dépendance de Lyon pour se ranger à leur devoir.
Le duc de Nemours, mal à son aise pendant tout ce grand vacarme, et appréhendant quelque chose de pis de la part de ses prétendus sujets , prend, pour s'évader, l'habit de son valet de chambre, qui lui ressemblait par la taille, sort de sa chambre en portant le bassin de sa chaise percée, passe au milieu des soldats qui le gardaient dans l'antichambre, sans en être reconnu, parce qu'il détourne le visage, comme pour éviter la mauvaise odeur, s'esquive par la rue, et gagne la campagne : trop heureux, après tant de grandeur imaginaire , d'abandonner en fugitif une ville qu'il destinait à être le siège de sa gloire ; et convaincu, par une triste expérience, d'une vérité sur laquelle on s'aveuglera toujours, qu'il n'y a en tout rien de si difficile que de faire répondre les effets aux désirs.
L'ambition renversa encore une autre tête. Baligny% se trouvant gouverneur dans Cambrai, place que sa situation rendait d'une extrême importance pour le roi, eut la hardiesse de demander qu'on changeât son titre de gouverneur en
' Jean de Montluc , bàtart de Jean Montluc , évéque de Valence.