‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 45 sur 239 · LIV^E SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIV^E SIXIÈME

Tapologi^t^ de la religion romaine auprè9 du roi, de l'y affermir , et de lui faire lier mie étroite correspqndapçf) avec le p^pe, de demander au saintpère sa bépédiction , afin d'en obtenir ensuite la dissolution de son mariage avec la reine Marguerite de Valois , et l.e pouvoir d'épouser une autre princesse dont il eut des enfans qui assurassent la couronne à la ipaison des Bourbons, et à la France la paix et le repo^. La fin de ce discours était plus sensée que je ne devais m'y attendre. Je ne trouve pas même à y retrancher l'éloge du p^pe, qu'il y inséra : car je conviens que Clément Ym était non-seulement d'un esprit sage et juste, mais encore si fin politique, que la cour de Madrid ne saurait se vanter de lui en avoir

unpose par ses dêguisemens.

Le cardinal se jeta ensuite sur TafEEdre des jésuites; et, quoiqu'il les fisivorisât ouvertement en homme dévoué à la cour de Rome , il ne m'apporta cependant, pour m'engager à les soutc^iir, que des raisons de politique et de Fintérét du roi, si soUdes, qoe je ne pus m'empecher de convenir en moî-iDéme que la maladie ne lui avait ôté la présence d'esprit que sur son propre ch^qMlre. Tout ce que je fis sur ce sujet Cut une suite des réflexions sensées que me suggéra cette éminence sur les rîsijpies qu^il y aurait en à bannir de France^ dans la ocHi joodnre pféienle,tioiite cette société:

car on va voir qu'il ne s'agissait pas moins que de cela.

Une quatrième affaire qu'il me recommanda, fut de soutenir, contre le surintendant, le vieux archevêque de Glascow en Ecosse, qu'il aimait et honorait jusqu'à le traiter de son parent. Cet archevêque portait le nom de Béthune \ Voyant la reine d'Ecosse, sa bienfaitrice, morte, il ne songeait plus qu'à achever tranquillement loin de sa patrie le peu de jours qui lui restaient à

' Jacques de Béthune , archevêque de Glascow en Ecosse , vint à Paris en qualité d'ambassadeur ordinaire de la reine d'Ecosse, et il y mourut en i6o3, âgé d'enviren quatre-vingtsix ans , après cinquante-sept années d'une vie extrêmement traversée depuis le meurtre du cardinal de Béthune , archevêque de Saint- André, son oncle, arrivé en i546. On voit encore son épitaphc dans l'église de Saint- Jean-de-Latran. Amèlot de La Houssaye , après avoir parlé dans ses mémoires du procès que Nicolas Denetz, évêque d'Orléans, eut avec le duc Maximilien-François de Sully, dans lequel il paraît que c'est bien injustement qu'on prétendait disputer à cette maison le nom de Béthune, parle aussi de cet archevêque : « Quoi « qu'il en soit, dit-il, la maison de Béthune d'Ecosse, de la- « quelle étaient le cardinal-archevêque de Saint- André, et «l'archevêque de Glascow, ambassadeur de la reine Marie « Stuart en France, où il mourut en 1600 ou 1601 (il y a er- « reur de date ici), est reconnue, par MM. de Sully, et de « Charost, pour une branche de leur maison. » Tome 2, page 68. C'est parce que, selon nos mémoires, le véritable nom de l'archevêque de Glascow , ainsi que l'archevêque de Saint-André, est Béthune, et non pas Béthun.

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