LIVRE SIXIÈME
sollicitait à Rome , le roi se trouvant engagé dans une de ces entreprises dont l'événement est toujours si douteux, et quelquefois si critique, enfin les catholiques les plus puissans dans le royaume , tant ceux qui étaient à Paris , que ceux mêmes qui remplissaient la cour, craignant ou feignant de craindre pour leurs propres intérêts qu'on n'eût pas encore mis la religion romaine assez en sûr reté en France. Je savais que MM. de Longueville " , de Nevers et de Biron en avaient parlé publiquement en ces termes , et qu'ils n'avaient rien oublié pour communiquer leur frayeur au cardinal de Bourbon par le moyen de d'Entragues, d'Humières , de Sourdis et de quelques autres. Je ne veux prêter ici aucune mauvaise intention à personne; mais combien y en avait -il parmi ces catholiques si chauds qui n'étaient poussés que par un motif pareil à celui de Biron, lequel ne se^ mait tous ces discours que depuis qu'il avait perdu Tespérance d'obtenir le gouvernement de Laon !
Quoi qu'il en soit , je crus qu'il était plus prudent de ne pas commettre ainsi l'autorité du roi absent pour une pique de prêtres et de théologiens, et je ne doutais pas que sa majesté ne prît elle-même en pareil cas le parti le plus modéré. Je déclarai donc à messieurs du conseil que le roi ne trouvait pas assez forts les griefs proposés
' Henri d'Orléans , duc de Longaeville.