LIVRE SEPTIÈME. l
marqué pour remettre cette place au roi. Ils n'avaient plus d'espérance de secours depuis le malheur arrivé à celui que le duc de Mayenne avait voulu y faire entrer. Ce secours, s'étant approché trop tard de Laon pour pouvoir espérer de surprendre les assiégeans, crut devoir attendre la nuit dans les bois, où il se tint caché le reste du jour. Le roi étant allé ce même jour à la chasse dans cet endroit de la foret, ses chiens éventèrent' l'embuscade. Les ennemis, qui étaieùt au nombre dé huit à neuf cents, au lieu de se montrer et d'attaquer le roi, qui n'avait que trois cents chevaux , crurent qu'ils pourraient éviter d'être découverts en se séparant pour se mieux cacher; mais les chiens ne cessèrent point de les poursuivre, et la troupe du roi arrivant sur ces entrefaites, ils furent surpris dans un si grand désordre, que, sans qu'il fût besoin que les trois cents cavaliers s'en mêlassent , les valets seuls s'en rendirent maîtres et les déppuillèrent.
Après la prise de Laon^ le roi jugea à propos de faire un voyage sur les frontières de Flandre ; flatté principalement par des ^espérances d'intelligence dans plusieurs de ces villes^ qui devaient se rendre à son approche. L'événement n'ayant pas répondu à cette attente , sa majesté ne retira d'autre fruit de son voyage que d'avoir affermi dans leur devoir Amiens , Abbeville , , Montreuil ,
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Péronne et plusieurs autres villes , où elle fit une entrée solennelle. Je ne puis en rien rapporter davantage, le bien de son service m'ayant appdé pendant ce temps-là à Paris pour des affaires moins importantes que les précédentes, et que je ne particulariserai point par cette raison , non plus que tout ce qui s'était passé pendant tout ce temps dans les différentes provinces du royaume. La prise de Morlaix et de Quimper par le maréchal d'Aumont, aidé des troupes anglaises, la construction du fort du Croisic par le duc de Mercœur à la tête de ses Espagnols , pour resserrer Brest , furent ce qui arriva de plus considérable en Bretagne entre les deux partis. La Savoie, le Piémont, la Provence et le Dauphiné continuèrent à être le théâtre d'une guerre toujours favorable à Lesdi» guières contre le duc de Savoie , malgré la défaite et la prise de ' Créqui.
Le duc de Mayenne, voyant Laon pris, presque toute la Picardie dans le parti du roi, les principaux officiers de la Ligue et le duc de Guise luimême disposés à faire dans peu leur accommodement avec sa majesté , se rendit au sentiment du président Jeannin, qui le pressait depuis longtemps de se fixer à une seule province, et de faire,
* Charles de Créqui , gendre de Lesdiguières , voulant se* courir Aiguebelie assiégée par le duc de Savoie , fut défait et fait prisonnier; ce qui n'arriva qu'en l'année 1698.