LIVRE SEPTIÈME. l
pendant qu'il en était temps encore, les plus puissans efforts pour s'y rendre indépendant, afin qu'après que la fortune aurait tout ramené au roi , ce qu'il ne doutait point qui n'arrivât bientôt, il lui restât au moins quelques débris de sa fortune.
La Bourgogne fut ' la province sur laquelle le duc de Mayenne jeta les yeux, et il s'y achemina avec ses forces, après avoir laissé de bonnes garnisons dans Dourlens , la Fère et Soissons. Outre qu'il tenait déjà une grande partie de cette province, la proximité de la Savoie, de la Franche- Comté, de la Lorraine, des Suisses et de l'Allemagne, dont il espérait tirer de grands secours, était un nouveau motif qui le portait à s'arrêter en cet endroit. Le pape et l'empereur paraissaient entrer dans ses vues. Us pouvaijent fortifier son droit de conquête par une cession en bonne forme ; ce que l'Espagne lui aurait accordé d'autant plus volontiers , que cette couronne eût fait revivre par là un droit sur la Bourgogne, éteint depuis long-temps, mais auquel elle ne prétend pas avoir renoncé. Toutes ces vraisemblances firent croire à plusieurs qu'on était sur le point de voir rétablir l'ancien royaume de Bourgogne. La manière dont le duc de Mayenne se cqnaporta dans ces quartiers tout le reste de cette année, et jusqu'au mois d'avril de la suivante , appuya cette
* Le duc de Mayenne était gouverneur de cette province.
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Opinion , et je dois moins douter qu'un autre de son intention à cet égard après les lettres que je vis à Paris entre les mains du cardinal de Bourbon.
Mais, malheureusement pour le duc de Mayenne, les Bourguignons n'étaient point d'humeur à choisir un sujet pour en faire leur maître. Jamais ils n'ont donné de preuves si éclatantes de leur fidélité pour leur souverain. Le duc ayant commencé par vouloir s'assurer de Beaune, en y faisant entrer une nombreuse garnison, les bourgeois se soulevèrent contre elle, la battirent et l'obligèrent à se retirer dans le château ; et comme elle pouvait leur faire beaucoup de mal de cet endroit, ils se fortifièrent avec des barricades contre le château , et appelèrent à leur secours le maréchal de Biron, auquel ils permirent de se loger pour six semaine avec sa petite armée dans l'enceinte de leurs murs. Ensuite ils attaquèrent en forme le château avec une batterie de douze pièces de canon, et poussèrent leurs ouvrages si vivement, qu'ils chassèrent enfin tout à fait la garnison 11gueuse. Je parlerai bientôt des expéditions en Bourgogne, je les laisse pour reprendre les affaires de la^jcapitale.
Je ypyais le cardinal de Bourbon baisser si prodigieusement de jour en jour, que, ne doutant point que sa dernière heure ne fut très-proche, je