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qui ils étaient , et quel était leur dessein. Non seulement ils ne me rendirent point par ce gentilhomme les civilités usitées en pareil cas , mais encore ils lui répondirent insolemment qu'ils étaient en droit de loger partout où leurs chevaux se trouvaient fatigués, sans qu'on pût exiger d'eux que de ne faire aucun dégât. Ils refusèrent de nommer leur capitaine, et dirent seulement qu'ils étaient au comte de Soissons. Pour mettre encore davantage ces officiers dans leur tort, je crus devoir leur écrire une seconde fois que , puisqu'ils appartenaient à M. le comte , qui me faisait l'honneur de m'aimer, ils devaient venir loger à Moret , que je leur ferais donner place dans les hôtelleries et chez les bourgeois , où ils seraient plus commodément. J'y glissai seulement un mot pour leur montrer que je sentais bien la manière dont ils avaient reçu mon député. Ca« mord , que je voulus charger de ce second message , me dit que cela ne servirait qu'à accroître l'insolence de ces officiers, qui n'étaient venus que dans un dessein prémédité de m'insulter : ce qu'il me confirma par plusieurs autres circonstances de sa réception, qu'il m'avait cachées pour éviter un plus grand malheur. Madame de Kosny , qui était présente à ce rapport , commença à se laisser aller à des frayeurs de femme; et, en accu* sant Canui nce, elle dit qu'elle aimait
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mieux que tout le village de Saint-Mamert fut ruiné de fond en comble que de me voir pour si peu de chose brouillé avec M. le comte , et exposé à un démêlé avec ces officiers.
J'imposai silence à mon épouse; et, commençant à faire arrêter cinq ou six de ces cavaliers , qui étaient venus faire raccommoder leurs équipages dans Moret, et acheter des denrées, je renvoyai Camord vers ces officiers impolis. Il fut encore plus mal reçu cette fois. Peu s'en fallut qu'on n'usât de mainmise. On se plaignit avec de grandes menaces de la détention des soldats. Il h'était plus possible de dissimuler ; et il ne me restait d'autre parti à prendre que de me faire raison à moi-même , en continuant d'user de toute la modération possible. Je fis retenir douze autres cavaliers qui venaient d'entrer dans Moret ; et , rassemblant en deux heures cent cinquante arquebusiers et trente chevaux , je pris avec moi les trente chevaux , cinquante des arquebusiers et trente piquiers , avec lesquels je m'avançai vers Saint-Mamert , par le chemin de terre qui y conduit , et qui est fort couvert ; pendant que le reste de ma troupe fit le même trajet par la rivière , sur un bateau plat et couvert de planches , et arriva en même temps que moi sous les maisons du village qui bordent la rivière. Mes agresseurs, voyant cette double escorte, détaché-