‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 98 sur 239 · LIVRE SEPTIÈME. aOI · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. aOI

solliciter depuis si long-temps : nouvelle qui n'était rien moins qu'indifférente dans ta conjoncture présente.

Le saint-père mit pour conditions à cette absolution , que le roi exclurait les protestans de toutes les charges et dignités , et qu'il travaillerait de tout son pouvoir à les éteindre tout-à-fait ; qu'il rétablirait la messe en Béarn; qu'il ferait restituer aux catholiques tous les biens ecclésiastiques qui leur avaient été pris par les huguenots; qu'il résoudrait le prince de Condé à se faire catholique romain; qu'il publierait et ferait recevoir le concile de Trente; enfin qu'il rétablirait les jésuites en France. Celles de ces conditions qui regardaient les protestans et le concile de Trente demeurèrent sans effet : le roi satisfit aux autres. Ceux qui trouvent qu'en cette occasion sa majesté reçut la loi du pape ne doivent s'en prendre qu'à du Perron, et plus encore à Amault d'Ossat, alors agent inunédiat de cette affaire à Rome. Bien loin de rejeter ces conditions , ces deux ecclésiastiques auraient été bien fâchés que la chose se fut exécutée autrement. Si l'on doit ajouter foi à un mémoire qui me fut envoyé de Rome plusieurs années après, et dont je parlerai plus au long en son temps, on y trouvera la preuve complète de ce que je viens de dire , du moins quant à d'Ossat. .

!kOa MÉMOIRES DE SULLT.

Ce mémoire avance deux choses au sujet de Tabsolution du roi, qui en fait un des articles principaux ; l'une, que le pape et tout le sacré collège souhaitaient si passionnément que ce prince eût recours à Rome pour cette formalité, qu'ils ne pouvaient cacher la crainte que quelquefois les nouvelles leur dbnnaient, que Henri ne se portât à la mépriser ou à la regarder comme inutile. Il en prend la preuve dans leurs propres lettres. L'autre, que .d'Ossat, loin d'instruire le roi de cette disposition de la cour <le Rome, comme il devait , pour peu qu'il eût eu en recommandation l'honneur du roi et dé la couronne, faisait, au contraire, entendre à ce prince qu'il ne pourrait obtenir sa réconciliation du saint-père qu'en souffrant qu'on donnât atteinte aux libertés de l'église gallicane, et en Tachetant par toutes les conditions qui viennent d'être marquées. Henri ne laissa pas de ré* compenser ses deux agens par les plus éminentes dignités de la prélature.

En trois jours sa majesté se rendit à Péronne , où elle fut saluée d'abqrd par Balagny. Cet homme, à qui une folle vanité ' venait de faire perdre

* PéréBxe dit que Cambrai fut pris par famine ; d'autres , comme Matthieu, en accusent la mésintelligence des ducs de Nevers et de Bouillon, et d'autres la lâcheté de Balagny. Les Mémoires de la Ligue y tome 6, marquent que trois compagnies suisses , qu'il no payait points l'obligèrent à rendre sa

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