LIVRE TROISIlliljp
de celui de Saint-Germain * qu'ils n'eussent enlevé tout ce qu'ils trouvèrent propre à l'être. J'y gagnai bien trois mille écus , et tous mes gens y firent un butin très-considérable.
Deux jours après cette expédition, le roi alla se saisir d'Étampes, et, reprenant son premier dessein de se montrer dans le cœur du royaume, du moins avec une partie de ses troupes , il s'achemina vers Tours, et prit en fort peu de temps quantité de petites villes de la Touraine * , de TAnjou, du Maine et de la Basse-Normandie. Il laissa quelques troupes au maréchal de Biron , qui s'empara d'Évreux sans canon. Je chassai les catholiques de devant Anfreville. Le roi m'avait
* t Les sieurs de Châtillon et La Noue, dit Le Grain, liv. 5, a assaillirent les faubourgs de Saint- Germain, de Bussi et de « Nesle, qui étaient les plus beaux et les plus riches, et où il « devait y avoir plus de résistance, tant à cause des bonnes « maisons qui sont au faubourg Saint-Germain, qui vaut au- « tant que la deuxième ville de France, qu'à cause de Tabbaye « Saint- Germain , qui était fortifiée.... Châtillon montra qu'il « se souvenait de la journée de Saint-Barthélemi, et voulut a par des matines contraires expier le meurtre et apaiser les <t mânes de l'amiral son père. »
" Alençon, le Mans, Châteaub riant, Sablé, Château-Gontier, Mayenne, Laval, Argentan, Falaise, Lisieux, Bayeux , Pont-Audemer, Pont-l'Évéquc, Honfleur, le Hàvre-de-Grâce, Domfront, etc. De Thou, liv. 97 ; d'Aubigné , tome 3 , liv. 3, chap. 4j etc. Voyez aussi les Mém» de la Ligue et les relations particulières de ces expéditions iwpyyjyes en ce temps-là.
278 TdÉJfllifiES DE SULLT.
donné tout le pays des environs de Mantes et de Rosny à conserver, avec un petit corps de troupes , avec lequel je faillis prendre le duc d'Aumale en passant par Rosny ; je me joignis ensuite au maréchal de Biron pour le siège d'Evreux. Je ne puis circonstancier davantage des actions si peu considérables : il en faut même supprimer toutà-fait la plus grande partie , parce qu'il n'est ni possible ni à propos de s'étendre sur des faits si légers.
Je préviens donc le lecteur qu'il ne verra détaillés dans ces mémoires que les événemens de quelque considération /et ceux-là seulement dont j'ai été témoin, ou qui sont arrivés au roi lui-même. Si j'y en joins quelques autres, ce ne sera que ceux dont je puis garantir la certitude par la fidélité des mémoires qui m'en sont tombés entre les mains : pour tous les autres, c'est assez de les indiquer, afin que le lecteur puisse constater par lui-même l'état et les affaires de Henri le Grand dans les différentes années. L'envie de soulager ma mémoire me fit au commencement jeter sur le papier quelques traits qui m'avaient frappé, et en particulier les discours que le roi m'avait tenus , ou que je lui avais entendu tenir, soit sur la guerre, soit sur la politique, où je voyais qu'il y avait infiniment à profiter pour moi. Ce prince, qui s'en aperçut , pMroe que je lui rappelais quel-