LIVRE .PREMIER
marchant sur les pas de leurs ancêtres , arborèrent aussi les premiers l'étendard sur les murailles de Constantinople , lorsque Baudouin, comte de Flandre , emporta cette capitale §ur Alexis Comnène, et Coësne en obtint le gouvernement. Quand on a de pareils exemples domestiques , on ne saurait les rappeler trop souvent pour s'animer à les suivre. Heureux si pendant toute ma vie j'ai pu me comporter de manière que tant d'hommes illustres ne dédaignent pas de me reconnaître, et que je ne rougisse pas moi-même d'en être descendu ! Dans la suite , la maison de Béthune ne fit que croître encore en illustration. Elle s'allia ' avec presque toutes les maisons souveraines de l'Europe; elle rentra dans celle d'Autriche ^ , et , pour finir par
ce Coësne ou Conon de Béthune fut déclaré régent de l'empire, pendant la minorité de Philippe de Courtenay, son fils.
' Voyez dans A. Duchesne et le père Anselme, toutes les alliances de la maison de Béthune avec différens princes de la maison de France , avec les empereurs de Constantinople, les comtes de Flandre , de Hainaut , de Boulogne , les rois de Jérusalem, ducs de Lorraine, les rois de Castille, de Léon , d'Ecosse , d'Angleterre , les maisons de Courtenay , de Châtillon, de Montmorency, de Melun, deHorn, etc.
' Par Jeanne de Coucy, qu'épousa Jean de Béthune. Il faut remarquer que, toutes les fois qu'on nomme ici la maison de Coucy , ce n'est pas véritablement de la maison de Coucy, mais de Guines , qu'on entend parler. La branche aînée de cette maison de Coucy, si ancienne, s'éteignit dans la personne d'Enguerrand IV de Coucy. Ënguerrand de Guines, qui avait
ce qui l'honore infiniment davantage , Taugnste maison de Bourbon ' ne méprisa pas son alliance. Mais je dois aussi avouer que la branche dont je suis sorti avait alors beaucoup perdu de sa première splendeur. Cette branche est issue d'un simple cadet ^ , et le moins riche de tous ceux qui ont porté ce nom. La branche aînée étant tombée trois fois en quenouille, tous les grands biens qu'elle possédait dans différens endroits de l'Europe ne passèrent point aux collatéraux, mais furent portés par les filles dans les maisons royales où elles entrèrent. Mes ancêtres particuUers ne laissèrent pas, en se mariant avantageusement, de
épousé Alix de Coucy, fille d'une branche cadette, la fit revivre en en prenant le nom et les armes. Au reste , cette maison de Guines n était guère moins illustre ni moins ancienne que celle de Coucy.
' Par les maisons de Châtillon , de Néellc, de Montmorency, de Luxembourg, et en dernier lieu par la maison de Melun. Anne de Melun , dame de Rosny , qui épousa Jean IV de Bé* thune, comptait, dit Duchesne, tant du côté de Hugues de Melun son père, vicomte de Gand, que de Jeanne de Horn, sa mère , plus de dix princes du sang royal de France , et tous les souverains de l'Europe.
* Jean de Béthune, septième aïeul de M. le duc de Sully, eut deux fils, Robert et Jean. Robert ne laissa, de trois mariages qu'il contracta , que des filles. Jean est ce cadet dont parle ici l'auteur : il était seigneur de Locres et d'Autrêche. Un autre ancêtre de l'auteur , nommé Matthieu de Béthune y n'eut pareillement que trois filles.