LIVRE QUATRIÈME
prendre ICoyon à leur barbe. Ce commandant méritait asstur!(iHient d'être jpieux secondé ; il s'appelait Rieux. De simple .'«Qkkt ik était devenu gouverneur de Pierrefond péç sa bravoure et son génie. Sur le bruit de l'attaquiP de Noyon , il avait trouvé le moyen de s'y jeter avec cinquante chevaux et autant d'arquebusiers, de rassurer cette ville , où tout était dans l'abattement et la conster* nation, et d'y tenir jusqu'à la dernière extrémité. Le duc de Mayenne , voyant que son armée lui était inutile, la renvoya dans ses quartiers, et s'achemina lentement vers Paris. Il pratiquml: depuis long-temps une intelligence dans Manfes. Il crut qu'il était temps d'en venir à l'exécution. Il rassembla secrètement les garnisons de Paris, de Dreux et de Pon toise, et se jprésenta tout d'un coup devant cette ville à la portée du mousquet , avant le jour. Mon frère ' en était gouverneur, et j'y étais moi-même alors, parce que ma blessure ne me permettait pas encore de tenir la cam-» pagne. Je fus averti de l'arrivée des ennemi».yet j'accourus sur les remparts ^ là tête bandée , assez à temps pour faire sur les attaquans quelques décharges qui les empêchèrent de Gontititier leur dessein.
' Salomon de Bétbune, nomtné le baron de Rdfitiy, puîné de Taiiteur , et le troisième des quatre frères dont il «t paH« dans le conim^încemcnt de ces mémoires.
Le duc de Mayenne ne réussit pas màmui pour Hoiidan , où il fit jetCT J'alarme en passant. Mon autre frère , qui s'y Inmva avec son régiment et quelques compagnitfl, lé reçut de manière qu'il se retira avec honte;
Ce qui venait de se passer devant Mantes , joint aux avis que reçut mon frère, ne nous permettant plus de douter que les ennemis n'eussent quelque correspondance dans la ville, après que nous eûmes conféré ensemble sur ce qu'il y avait à^aire^n cette occasion, voici ce qui me sembla le phttTexpédient. J'avais encore à ma solde six de cas braves soldats qui avaient servi d'enfauis perdus à la journée d'Ivry , et à qui je donnais, outre leur paie, huitiivres par mois. Ils étaient alors dans la gampaoïv^ inon frère, auquel je n'avais pu les refuser^ jÇ* je pouvais faire fond sur leur fidélité. De concert avec nous deux, ils feignirent d'être mécontens du gouverneur de Mantes, et se présentèrent pour entrer dans la garnison de Pontoise. où ils furent reçus à bras
ouverts. Ils n'y furent pas ploé tôt , qu'ils proposèrent à d'Alînoourt ' .de le rendre maître de Mantes par les liaisons qu'ils avaient conservées, disaient-ils , dans celte place. Pour en convaincre
'' Charles de Neuville, marquis d'Alincourt, fils de Nicolas de Neuville de Yilleroi , secrétaire d'état. Il en sera encore parlé dans la suite.