‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 161 sur 231 · LIVRE QUATRIÈME. Sîîg · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. Sîîg

te gouverneur, ils lui demandèrent quatre sdldats, qu'ils firent entrer encore, par ma connivence , dans Mantes, et leur faisant faire connaissance avec quelques bourgeois propres à entrer dans toutes sortes dÉj factions , ep peu de temps leurs conventions fîiWnt faites ,^t le jour pris pour livrer Mantes à la Ligue. Ces quatre soldats trouvèrent partout une facilité qui lui fit regarder le succès comme IpÊUUible , et il ne voulut pas qu'un autre cpie kn*«4^e en eût l'honneur. Mes soldats in'informèwâdt'éxactement de tout ce qui se tramait à Pont^iifr^ et de la joie qu'y causait une entreprise si bien concertée. Le conseil général de la Ligue , ayant à sa tête le cardinal de Bourbon * , résidait en cette ville.

' Cen^est pas le vieux cardinal Charles de Bourbon, fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et frère d'Antoine, roi de Navarre, qui avait été proclamé roi par la Ligue. Il était mort de la pierre dès l'année précédente à Fontenay en Poitou, où Henri IV Pavait fait transférer de Chinon, âgé de soixante-sept ans : prince d'autant plus à plaindre, que le trône sur lequel on l'obligea de monter n'avait point d'appas pour lui. Il ne put cacher la joie qu'il ressentit de la victoire que Henri IV remporta à Coutras, « et n'accepta la couronne, « dit Cayet, que pour la conserver à ce prince, qu'il aimait. » (Chronof. noçenn. tome i, liv. 2, page 857.) Celui dont il est parlé ici est le cardinal , son neveu , appelé Charles comme lui, fils de Louis I, prince de Condé, tué à Jarnac, et frère du prince de Condé, mort à Saint- Jean- d'Angely, du prince de Conti et du comte de Soissons. Il en sera parlé dans la suite.

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Cependant je prenais mes mesures dç loin, afin qu'il ne parût aucune affectation dans ma conduite. Je fis coucher , sans que personne y prît garde , des matelas de poudre sur le rempart où $e devait faire l'escalade. Je fis fMEner toutes les maisons qui aboutiss£BÎ|it sur cemÀté. J'iotrodui* sis dans la place , en différens petits pelotons , ce qu'il y avait de meilleurs soldats dans les garnisons de Nogent, de Yernqij^tjfit de Meulan. Cela fait , je crus devoir envoy^|ç€Mii|p&ègne informer le roi de tout , et ce fut c^^^nniÉa notre projet. Ce prince ne put résister à JI!g|Me df recevoir luimême le duc de Mayenne dans Manliès ; et il crut avoir pri$ une précaution suffis^te pour ne point nuire au projet, s'il attendait à entrer dans Mantes que la nuit même où il devait s'ekécuter fût venue, et s'il ne menait que cinquante chevaux et autant de valets. Pour moi , je fus si persuadé, en le voyant arriver , que toutes les mesures allaient être rompues , que je ne pus m'en^péçher de lui reprocher avec quelque colère de venir ainsi détruire notre ouvrage , et peut-être mettre le couteau dans la gorge aux quatre soldats qui l'avaient conduit , à cause des indices qu'on pouvait tirer contre eux. Le roi m'assura que rien de ce que je craignais n'arriverait, et alla souper chez le gouverneur, où, fatigué de la longue traite, il se jeta sur un lit, tout habillé, et en grosses bottes.

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