‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 166 sur 231 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

laquelle il avait accoutumé les autres officiers-généraux captivèrent tous les suffrages. Sans doute que ce maréchal , se flattant que rien ne pouvait résister à une si forte armée , embrassait le parti qu'il crut le plus glorieux et le plus propre à abréger les voies, et qu'en se rangeant à cet avis, le roi, qui était bien déterminé à ne se point ménager ' , eut aussi cette pensée ; car je regarde comme une pure calomnie semée par les ennemis du maréchal de Biron le bruit qui courait sourdement dans l'armée que , ce maréchal ayant demandé au roi le gouvernement de Rouen, et ce prince le lui ayant refusé , parce qu'il l'avait promis à du Hallot ^, sur la recommandation de M. de

' Peut-être aussi comptait-on faire sauter le fort de Sainte- Catherine par la mine; mais elle fut éventée par les assiégés. {Mém. de la Ligue , tome 5). Les écrivains qui ont soutenu le sentiment du maréchal de Biron contre celui du duc de Sully, sur l'endroit par où Ton devait commencer l'attaque, prétendent qu'il était fort difficile, et en même teiiip% firès-dangex^eux pour l'armée de Henri IV, de laisser derrière soi le fort de Sainte-Catherine, la montagne étant surtout aussi proche de la ville qu'elle l'est. Voyez, sur les opérations de ce siège , P. Matthieu, liv. a, page 96 et suiv.; Cayet, Chronol. novennairey tome 2, liv. 4> qui est de l'opinion du duc de Sully contre le maréchal de Biron , et autres historiens.

* François de Montmorency du Hallot , lieutenant-général pour le roi en Normandie. Il fut blessé au siège de Rouen , et depuis tué par le marquis d'Alègre.

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MoQtpensier, il ne cherchait qu'à traverser sous main cette entreprise, et donnait, par envie, un conseil qu'il savait bien devoir rendre inutiles tous les efforts qu'on ferait devant cette place. Ce qui est le plus positif, c'est que ces contestations étemelles avec le duc de Bouillon faillirent plus d'une fois à tout perdre, parce que celui-ci s'en vengeait sur le roi , en jetant dans la mutinerie les reîtres et les Allemands qu'il avait amenés. On dressa donc les batteries vis-à-vis le fort , et on se contenta, pour garder le bas de la rivière, d'y mettre quelques compagnies de lansquenets, qui, ayant eu du pire dans quelques sorties qui furent fiaites de ce côté-là , cédèrent ce poste aux Hollandais , plus accoutumés qu'eux à la manœuvre d'un siège. En effet ceux-ci s'y maintinrent, et empêchèrent les sorties par cet endroit. Le roi ne tarda pas à voir qu'il entamait un ouvrage d'une ,extrême difficulté; mais il crut qu'il n'y a rien dont un travail opiniâtre ne puisse venir à bout. Villars ne se contenta pas de défendre les dedans. Il sortit du château , et fit couper sur le penchant de la colline qui est vis-à-vis le fort, une longue et profonde tranchée , qui y communiquait par un bout, où il fit avancer la nuit une garde de six ou sept cents hommes.

Comme ce nouvel ouvrage s'étendait fort avant dans la campagne , et que non-seulesment U ineom^

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