LIVRE PREMIER. I
démarches du ministère avant et depuis la mort du roi de Navarre ' , son pèï;*e^ tué devant Rouen. Je remonterai donc jusqu'à la rupture qui rat , iuma la guerre entre Henri II et Philippe II , roi d'Espagne. De quelque côté qu'elle ait été occasionée , la suite n'en fut pas aussi favorable à la France qu'elle convenait aux vues des deux hommes qui l'avaient conseillée. Ces deux hommes étaient • le connétable de Montmorency ^ et le duc de Guise *, qui espéraient que ces troubles leur four-
' Antoine de Bourbon , mari de Jeanne d*Albret , reine de Navarre : il s^était fait catholique. De Thou rapporte de lui un trait qu'on ne saurait mieux rendre que dans les termes de l'auteur de la Henriadc, « François de Guise, dit-il , vou- « lut le faire assassiner dans la chambre de François II. An- « toine de Navarre avait le cœur hardi, quoique l'esprit faible, «c II fut informe du complot, et ne laissa pas d'entrer dans la a chambre où on devait l'assassiner : S'ils me tuent, dit-il à « Reinsy, gentilhomme à lui, prenez ma chemise toute sau- <t glante, portez-là à mon fils et à ma femme ; ils liront dans « mon sang ce qu'ils doivent faire pour me venger. François II « n'osa pas se souiller de ce crime; et le. duc de Guise, en « sortant de la chambre, s'écria : Le pauvre roi que nous « avons ! »
* Anne, connétable de Montmorency, tué à la journée de Saint- Denis, le 10 octobre 1667.
^ Claude de Lorraine, souche de la maison de Guise en France, eut six enfans mâles : François, duc de Guise; Charles, archevêque de Reims , dit le cardinal de Lorraine ; Claude, duc d'AUmalç ; Louis, cardinal de Guise; François, grand<prieur, et René, marquis d'£lbœuf. François, rainé,est celui
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niraient le moyen de se suppUnter réciproquement. Ils eurent dans cette guerre de quoi s'occuper tous les deux. Le duc de Guise passa à la tète d'une forte armée en Italie , ou il ne fit rien de di^ne de sa réputation : mais le connétable fit bien plus mal encore. Il aTait pris pour lui remploi te plus brillant : c'était le cominandement de Tarmée de Flandre. Il perdit Somif-Quentin avec la bataille de ce nom . oà il fut £2it prîscmnier loiméme: déroute qui fut suivie de celle de Thermes ' à Grarelines- Ces fâcheux événemens mirent le comble aux voeux du duc de Guise. Ils le rappelèrent dltalie pour le mettre seul à la tête du conseil et des armées , avec lesquelles il acquit Calais à la France. Le connétable ressentit vivement ce coup dans sa prison : et , pour aller défendre ses droits a quelque prix que ce fut, il traita de la paix avec TEspa^ne. Elle ne fut pas glorieuse pour le roi , son maître : mais elle le tira de sa captivité.
éont il est parîe ici. Il épousa Anne d"Est. et fut tué en i563, par Jean Poltrot de 3Iere, gentilhomme anj:oumois, de trois balles fimpoi^anees. Poltrot impliqua dans son crime Tamiral, le dur dft La Rfinrhefoucault etTheodora de Bèze ; maisil varia ensuite dans ses accusations, et l'amiral fut déclaré innocent. Voici -ie^ titres : duc de Guise et d'Aumale • prince de Joinviile. rhevalier de l'ordre du roi, pair, ^rand-maitre , ^rand-cbambelian et ^and- veneur de France.
* Panl de La Baume , seicneur de Thermes y maré<^al d^