LIVRE PREMIER
Il perdit tout dans la personne du roi Henri II , qui fut tué ^ au milieu de la pompe dû ihariâge de sa fille avec le roi d'Espagne, qui était trBcéaii de la paix. François II, qui lui succéda, était^jéttoe , fiible et infirme ; et comme il avait épousé la nièce* du duc de Guise , celui-ci parvint à son tour à conduire seul le roi et le royaume. Les protestans ne pouvaient pas tomber entre les mains d'un plus cruel ennemi. Il s'occupait de vaste$ projets , et méditait les plus étranges catastrophes en France, lorsqu'il eut part lui-même aux vicisiMtudes de la fortune. François II lui manqua , un mal d'oreille ^ ayant mis fin aux jours de ce prince d'une manière assez subite. Le règne de Charles IX, son finëre, encore enfant, fut singulier, en ce que l'auidatë parut partagée à peu près également entre là reblè-mère, les princes du sang, les Guises et le ooiidâlid)le; c'est que chacun dressait secrètement sa partie. Le bon destin du duc de Guise le plaça pour la seconde fois à la tête des affaires, par l'union que Catherine fit avec lui: elle fondaméme
' Frappé d'un éclat de lance à l'œil , dans un tournoi où il courait contre le comte de Montgommery, le lo juillet i559.
• Marie Stuart, reine d'Ecosse, fille de Jacques V, roi d'Ecosse, et de Marie de Lorraine, de la maison de Guise.
' L'abcès qu'il avait dans cette partie étant venu à suppurer, il en mourut le 5 décembre 1 56o. Il n'en fallut pas davantage pour faire soupçonner le poison dan» cette mort.
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sur cet!<e\iraott le point principal de sa poHtiqae. Oa prétend q:ie la liaîne qu'elle comiupnra ^ montrer contre lei princes de la maison de Bourbon y eut la principale part; et que cette aver^ioo vint de ce qiif (latberîne s'élant mis dans la tète, sriS la foi tl'im astrdlogue, qu'aucun des princtîSjSes enfans, n'aurait de lignée, sur cette supposition , la couronne devant passer dans la branche de Boiu'boii , elle ne put se résoudre à la voif sortir de sa familICf et la destina à la postérité qui viendrait du nuoiage de sa fille ' arec le duc de Lorraine. Quoi qu'il en soit de cette prédilection de la reine-mère " , il est certain qu'elle donna la naissance et l'accroîisement aift. âeiix partis de politique, aussi bicM que de religion, qui commencèrent dès ce moment à remplir le royaume de confusion, d'horreurs, et des plus affreuses misères.
■ Claude de France, l'aînée des deux fiilcs qu'eu! Catherine ije Médieis de son maringc avec lienri II, épousa le duc de Loiraioc, et en eut des enfans. ''
■ Le Laboureur, dans ses additions aux mémoire^ de Caslelnau, donne une autre c.iust- à la haine de Catherine contre le roi de Navarre. Il assure avoir lu dans des mémoires que, ce prince étant prisopuier avec le duc d'Alençon, ils complotèrent ensemble d'étrangler de leurs mains la reine-mère lorsqu'elle viendrait dans leur chambre ; qu'ils n'esécUtèrent pas cette résolution, parce qu'ils en eurent eux-mêmes horreur; mais que le roi de Navarre ne put s'en taire dans la suite ; ce
i irrita au dernier point Catherine de Médicis.