‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 177 sur 231 · LIVRE QUAÎ^^ME · texte numérisé non relu

LIVRE QUAÎ^^ME

de l'entamer , même dansj^Épassage de la rivière. Le roi le quitta enfin à P6nt|fermy sur la Somme, revint à Neufchâtel , et aïjUôtge faire guérir de sa blessure chez M. de Claii;^çj^je fus reçu comme ami et comme parent. J§^gî^.«îgardai qu'un valet de chambre , un page et^urtûj^quais. Je renvoyai tout le reste de mon équipée dans mon quartier devant Rouen. > ^15^

Le succès du siège y dâij|â|ait douteux de plus en plus. Le roi reçut à Ç^^un courrier par lequel il apprit que Villars|^«^^ fait dans une nuit , à la tête de deux cents ^pj^iers et de trois ou quatre cents hommes d'af tjjes , une furieuse sortie du côté de Darnetal; q^-U a^jait taillé en pièce les lansquenets; qu'il avait*pénétré jusqu'au quartier du roi, où il s'était eiçparé de six pièces de canon et de toutes les poudres; qu'ensuite, poussant sa pointe , il s'était rabattu sur la tranchée , qu'il avait attaquée par les^v derrières , y avait tué trois ou quatre cents homiiies , et mis le reste en fuite. Enfin qu'il ne s'étaif, retiré qu'après avoir nettoyé et comblé presqueStpus les ouvrages des assiégeans. »*.

Une nouvelle si triste Siq)pela incontinent le roi devant Rouen. Il y fut *cpii vaincu que tout le mal n'était arrivé que pai*ia faute du maréchal de Biron : mais, quoiqu'ilîte; jugeât irréparable, et qu'il en sût fort mauv&i^gré à ce comman-

dant% il se donna bien de garde d'en laisser rien paraître. La haine naturelle des catholique de son parti contre les protestans avait saisi cette occasion d'insulter au maréchal de Biron , qui était regardé , après le roi , comme le principal appui des hugiienots. Les catholiques disaient hautement que le ciel ne favoriserait jamais le parti de Henri tant qu'il serait attaché à l'hérésie : discours bien sensé, après toutes les prospérités dont ce prince avait été comblé jusqu'à ce moment; qu'ils s'exposaient eux-mêmes à la malédiction divine, en faisant société avec ce corps réprouvé. De là, leur zèle s'animant, ils en étaient venus jusqu'à projeter d'exhumer tous les huguenots qui avaient été enterrés sans distinction avec les catholiques, et de laisser leurs cadavres en proie aux corbeaux. Deux choses empêchèrent

' Rien ne marque mieux combien Henri IV se croyait obligé d'avoir d'égards et de complaisance pour le maréchal de Biron que ce que dit ce prince au jeune Châtillon dans une occasion où celui-ci ouvrit un fort bon avis , mais contraire à celui de ce maréchal. « Les oisons veulent mener paître les oies. Quand « vous aurez la barbe blanche, peut-être en saurez-vous quel- « que chose ; mais à cette heure je ne trouve pas bon que vous « en parliez si hardiment ; cela n'est bon qu'à mon père que « voici, ajouta Henri, en montrant Biron, qui avait menacé « de se retirer. Il faut, poursuivit-il en lui tendant les bras, * que tous tant que nous sommes , allions à son école. » Matthieu, tome 2, page i6.

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