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fiïVRE flpgEMIER. 43
i^-- -^ï- Ce terriy^DirÈig€L partit se. former pour éclater pr^cisémerfl sur la. tét^:Ai j[eiaîe prince de Navarre, h^ roi 4e Navari^ ivWTO'pèî^ venait dé mourir *. Sa mortlais^t^ â^tà: véi^, Im prince et un roi poiïr <î^ à la religî(!MdPlfiëfëi^^ en Frafice ; mais ce prince était un etk&nt de sept ans, en butte, à tous les coups du nouveau conseil, qui agissait de concert avec lé pape, l'empereur, le roi d'Espagne et tous les catholiques de l'Europe. Son parti essuya en effet les plus terribles revers , et se soutint pourtant avec gloire par la sage conduite de ses chefs , et par les talens prématurés du jeune Henri, jusqu'à la conjoncture de la paix de iS^Of par laquelle j'ai commencé ces mémoires. ."^':'': • B profita du repos qu'elle lui donna pour visiter ses états et son gouvernement de Guienne ; après quoi il vint se fixer dans la Rochelle avec la reine de Navarre, sa mère, l'amiral de Coligny et les principaux chefs du parti protestant ^ , à qui cette place importante et éloignée de la cour parut la plus avantageuse à l'intérêt de leur religion. Cette résolution était très-sage , s'ils avaient su la suivre constamment.
' L*auteur met la mort d'Antoine, roi de Navarre, en 1 56o. Il se trompe, elle n'arriva qu'en i56!X, au siège dé' ftoiien. Voyez son caractère et son éloge dans les Mémoires de Srantome, t. 6, p. 352 et suiv. , édition de Paris, Bastien, 1787.
* Gaspard de Cbâtillon, amiral de France.
^4 MÉXOIR£5 DE SULLY.
La reine Catherine dissimula la peine quelle ressentait de leur voir prendre ce parti , et pendant toute l'année 1571 , die ne parla que d'observer fidèlement les traités, de lier une correspondance plus étroite avec les protestans , et de prévenir soi;pfieuseiiient toutes les causes qui auraient pu rallumer la guerre. Ce fut le prétexte de la députation du maréchal de Cossé, qu'elle fit partir pour la Rochelle, avec Malassise et La Frontière ' , maître des requêtes , ses créatures et confidens; mais son véritable motif était d'observer toutes les démarches des calvinistes , de sonder leurs esprits , et de les amener insensiblement au point d'une entière confiance , absoliunent nécessaire à ses desseins. Elle n'oublia rien , de son coté, de tout ce qui était capable de la leur inspirer. Le maréchal de Montmorency ^ fut envoyé à Rouen avec le président de Morsan ^ , pour y faire justice des excès commis contre les huguenots. Les infractions au traité de paix étaient sévèrement pionies , et le roi Charles l'appelait ordinairement son traité et sa paix. Ce prince insinuait adroitement en toute occasion qu'il s'était prêté à cette paix pour s'appuyer des princes de son sang contre la trop
• Philippe Gourreau de La Proutière.
■ François de Montmorency, mort en 1579, l'aîné des cnfans du connétable Anne de Montmorency.
* Bernard , prévôt du sieur de Morsan.
LIVHE PREMIER. 2 5
grande autorité des Guises, qu'il accusait de conspirer avec l'Espagne pour troubler le.^r'oyaume ' . La faveur de ceux-ci paraissait tomber de jour en jour, et leurs plaintes fausses ou véritables donnaient à ce bruit toute la couleur possibl^^Charles ne fit pas même la moindre difficulté de s'avancer 'jusqu'à Blois et à Bourgueil , pour comumniquer avec les réformés , qui avaient nommé pour leurs députés Téligny ^ , gendre de l'amiral , Brique?- ■ *
' Charles IX haïssait naturellement le duc de Guise. Il lui sut si mauvais gré d'avoir demandé en mariage la princesse Marguerite, sa sœur, qu'il dit un jour à ce sujet au grand- ' prieur de France, fils naturel de Henri II : » De ces deu^ épées « que tu vois, il y en a une pour te tuer, si demain, que j'irai à « la chasse , tu ne tues le duc de Guise de l'autre. » Cette parole fut rapportée au duc de Guise yiJUi cessa ses poursuites. (Matthieu, liv. 6, p. 333.) Le ni^aie historien dit encore, que Charles IX poursuivit un jour le duc de Guise, tenant à sa main un épieu , qu'il enfonça dans la porte au moment que celui-ci sortait , parce que le duc l'avait touché en badinant d'une pique sans fer. Ibid, 376.
* Charles, seigneur de Téligny en Rouergue, de Montreuil , etc. Il venait d'épouser Louise de Coligny. Il avait ui visage si doux et si gracieux , que les premiers qu'on envoya pour le poignarder le jour de la Saint-Barthélemi en furent attendris, et n'eurent pas la force d'exécuter leur coup. — François Briquemaux. — Jean de Lafîn , appelé Beauvaisla-Nocle, pour le distinguer de Philippe de Lafin, son aîné. -<— Arnaud de Tavannes était un conseiller du parlement de Toulouse.
maux , Beauvais-la-Nocle et Tavannes; ces quatre députés etïajt venus ensuite jusqu'à Paris, y furent comblés de caresses et de présens.
Le maréchal de Cossé ne manqua pas de bien faire valoir ces apparences de sincérité. Après qa'il se fut insinué par ce moyen , il commença à entretenir^us sérieusement la reine de Navarre du projet de marier le prince , son fils , avec la princesse Marguerite , sœur du roi de France ; il était chargé de promettre de la part de Charles quatre cent mille écus de dot. Il proposa pour le prince de Coïidé* la troisième héritière de Clèves , parti très-considérable, et la comtesse d'Entremont* pour l'amiral de Goligny. Comme on avait bien jugé que celui-ci se montrerait le plus difficile de tous à persuader, le maréchal de Cossé ajoutait pour ce dernier article un présent de noces de cent mille écus, que le roi promettait à l'amiral, avec la concesaîon de tous les bénéfices dont avait
' Henri I, prince de Condé : Marie de Clèves, marquise disle, parente des Guises, et élevée auprès de la reine de Navarre. Il n*en eut point d'enfans, et épousa après elle Charlotte-Catherine de La Trimouille.
* Jacqueline de Montbel, fille unique de Sébastien, comte d'Entremont, veuve de Claude Batarnai, sieur d'Anton , tué à la bataille de Saint-Denis ; elle était retenue en Savoie par* le duc de Savoie; mais elle s'échappa, et vint épouser l'amiral à la Rochelle. Il était veuf de Charlotte de Laval.