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les murs de cette ville. Son dessein était d'y séjourner wiviron six semaines, qui étaient un temps suffisant pour faire rafraîchir son armée ; ensuite de regagner la Somme par Neufchâtel , Aumale , Saint- Valéry et Pontdormy, bornant toutes les expéditions de sa campagne à l'avantage d'avoir mis cette capitale et les villes qui tenaient pour la Ligue en état de n'fvoir rien à appréhender de l'armée du roi. Henri pénétra les desseins de ce général , et , cessant dé s'opiniâtrer à faire tête à une armée si bien postée, il laissa le prince de Parme jouir de son triomphe, et lui tendit un autre piège. Il licencia toute son armée , comme si elle lui fût devenue inutile , ou qu'il y fut contraint par la nécessité. Il en sépara une partie dans Arques , Dieppe , Gournai , Andelys , Gisors , Magny et autres endroits plus éloignés. Une autre partie eut Mantes, Meulan et les environs pour ses quartiers. Il dispersa le reste autour du Pontde-FArche, Évreux, Passy, Vemon, Couches et Breteuil , et vint lui-même se placer à Louviers. L'apparence justifiait cette conduite. Il eût été impossible de faire subsister long-temps une armée aussi nombreuse en la tenant rassemblée; mais, par la disposition de ses quartiers, surtout des derniers où il avait distribué tout ce qu'il avait de meilleures troupes, et moyennant la promesse qu'il avait tirée des officiers de se rendre à
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Pont-de-F Arche au premier ordre , il lui était facile de réunir toute son armée en peu de temps ; et il comptait que la sécurité que son éloignement donnerait au général espagnol lui fournirait quelque moyen de le surprendre , du moins dans sa retraite.
En effet, le prince de Parme, qui craignait que Rouen, environné de tanttJe gens de guerre, ne se vît bientôt affamé, et à qui Ton représenta qu'il n'y avait aucun danger de se mettre au larçe, fit avancer une partie de ses troupes vers Pont- Audemer. D'Hacqueville ' lui livra assez lâchement cette ville, et le roi parut ne s'en mettre nullement en peine. Il feignit encore d'ignorer que Fennemi en voulait à Caudebec, qui incommodait fort la ville de Rouen; et, négligeant de donner du secours à Lagarde, qui en était gouverneur , il laissa prendre cette place. Il vit avec un extrême plaisir qu'après ces deux conquêtes, l'ennemi, attiré par la commodité des logemens et des vivres, s'étendit le long de la Seine, au-dessous de Rouen, aussi loin qu'il put le faire. Ce n'est pas que le général espagnol ne soupçonnât quelque dessein secret dans une inaction dont il avait toujours trouvé Henri fort éloigné ; et sans doute que s'il avait été le seul chef de cette armée,
• N de Vieux-Pont, sieur d'Hacqueville , fut gagné»
dit-on , par une somme d'argent.
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il ne se serait pas tant hasardé. Mais il s'en rapporta aux assurances que lui donna son collègue le duc de Rlayenne, alors retenu malade dans Rouen , qu'il ne pouvait lui en arriver aucun mal , le supposant mieux informé que lui de la disposition et de l'intérieur du pays.
Le roi , voyant que l'ennemi semblait venir de lui-même au-devant de ses desseins, résolut aussi d'en avancer l'exécution. En moins de huit jours il rassembla vingt mille hommes de pied et huit mille chevaux, avec lesquels, s'avançant sans perdre de temps par VaricarvilleetFontaine-le-Bourg, il boucha tous les passages entre Rouen et Caudebec, et commença par se venger assez pleinement de la prise de cette place et de celle de Pont-Audemer, en coupant aux troupes qui y étaient toute communication avec le gros de l'armée ; ce qui les mettait à sa discrétion. Ensuite il vint en personne, avec dix mille fantassins et trois mille cavaliers, attaquer sans délai l'avantgarde des ennemis, commandée par le duc de Guise. L'étonnement où une arrivée si brusque jeta cette troupe lui en rendit la défaite facile. Le duc de G uise fut forcé dans le premier choc , et obligé de regagner précipitamment le gros des bataillons , laissant , avec une grande quantité de morts, tout le bagage, qui était considérable, au pouvoir du vainqueur.
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Le prince de Parme, frappé à cette nouvelle comme d'un coup de foudre, donna tous ses soins à assurer ses autres quartiers, ce qu'il fit en logeant le duc de Guise à Yvetot, et en rapprochant du camp retranché qu'il occupait ses troupes dispersées. Il eiit bien voulu pouvoir les y faire entrer toutes; mais, comme ce camp était trop petit pour les contenir, il leur ordonna du moins de ne |)oint s'en écarter, de garder exactement leurs postes, et de se tenir fort serrées. Après cette précaution, qu'il ne crut pas suffisante, pour épauler tous ces logemens répandus autour du camp, il posta trois mille hommes dans un bois qui les bornait. Il fit fortifier et border de retranchemens ce bois avec une ligne de conununication qui le joignait avec le camp. La dernière démarche du roi l'avait rendu extrêmement redoutable au prince de Parme; mais celui-ci crut lui échapper avec beaucoup de prévoyance, et moyennant une grande attention à se porter partout où sa présence serait nécessaire. Il se trompa encore. Dès le lendemain, le roi donna ordre au baron de Biron d'attaquer le bois avec huit mille hommes d'infanterie, Anglais, Hollandais et Allemands en nombre égal, pour les animer par l'émulation , et les fit soutenir par six cents cavaliers armés de toutes pièces. L'attaque dura trois heures, au bout desquelles le bois fut emj^orté. Ceux qui