‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 20 sur 231 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

joui le cardinal * , son frère. Le maréchal de Bîroij ^ vint confirmer des offres si brillantes , et acheva de gagner la reine de Navarre en lui faisant une feinte confidence des soupçons qu'on avait à la cour que Philippe II, roi d'Esp^^e, s'était ciéfâit par le poison de la reine, sa femme, 'Elisabeth ^ de

' Odet de Châtillon, cardinal, évêque de Beau vais, abbé de Saint-Beiioît sur Loire, etc. Il fut fait cardinal à sei4| ans; et quoique le pape Pie IV Teùt dégradé de cette dignité , *il se maria publiquement, avec Thabit de cardinal, à Elisabeth de Hauteville, demoiselle normande, c^il fit appeler comtesse de Beauvaî§^ et assister aux cérémonies publiques. En 1669, le parlement de Paris lui fit son procès par contumace, pour crime de lèse-majesté. Il venait de mourir au commencement de Tanné 1571a Southampton en Angleterre , où il était allé pendant la guerre soutenir les intér^^es calvinistes auprès de la reine Elisabeth, ^^ il était eMfJIoyé, depuis la paix, par le roi, à traiter^.fe iii|3nj!tgc du duc d'Alençon avec cette princesse. Il est cert^g^K^^ÉÉûique d*Aubigné n'en dise rien^ qu'il fut empoisonne par son valet de chambre avec une pomme , conime il se disposait à repasser en France , où il avait été rappelé par l'amiral, son frère. Histoire de de Thou, livre 5o.

D'Aubigné ajoute que l'amiral fut en effet nws ea possession d'une grande partie de ces bénéfices, et qu'il eut la jouissance de tout pendant un an, et que Charles IX lui donna encore depuis cent mille francs pour les employer en meubles à sa maison de Châtillon. Histoire de d'Aubigné, 1. 1 , liv. f ,chap. i.

• Armand de Gontaut de Biron , maréchal de France.

' Fille aînée de Henri II et de Catherine de Médicis. La

%S MEMOIRES DE SULLT.

France, faussement accusée d'un commerce de galanterie avec l'infant don Carlos. Il lui dit , gn exigeant le secret, qu'on était résolu d'en tirer vengeance en portant la guerre en Flandre et dans l'Artois , dont on^redemanderait la restitution au roi d'Espagne ; comme étant d'anciens fiefs de la couronne, aussi bien que celle de la Navarre, et qu'on allait commencer par secourir Mons , que le primie d'Orange ' venait d'enlever aux Espagnots: Il ajouta, pour porter le dernier coup, que le roi avait jeté les yeux sur l'amiral pour conduire son armée dans les Pays-Bas , avec le titre de viceroi; et dans ce moment on lui remit effectivement la nomination des officiers-généraux qu'il voudrait employer sous lui , comme on lui avait déféré, peu auparavant celle ^èsi commissaires de la paix. Le bruit de cette expédition daiis^ fcjs Pays-Bas alla si avant , qu'il est certain que la .^prïind-seigneur fit offrir ses galères avec des troupes au roi de France pour faire diversion et en faciliter la conquête. On fit du côté de la reine d'Angleterre tout ce qu'on

plupart de nos historiens français sont de ce sentiment. Les Ëspa^ois attribuent sa mort aux saignées, et aux médecines que les médecins, ne sachant pas qu'elle était grosse, lui firent prendre. Elle mourut en i568 , peu de temps après don Carlos, prince d'Espagne, que Philippe II, son père, avait fait mourir pareillement de mort violente.

' Guillaume de Nassau, prince d'Orange.

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