LIVRE ciJxqviàuE
nest pour le roi d'Espagne. Tous les discours qu'on pourrait &ire ne sauraient aussi bien instruire des dessous du duc de Mayenne , de l'esprit de la ligue et de la politique de l'Espagne , que le contenu de ces deux pièces : on <sef>a bien aise d'en voir un extrait.
Le duc de Mayenne soumettait la Ligue au pape , et la mettait sous la protection du roi d'Espagne, aux conditions suivantes/ tant pour tout la parti en général que pour lui en particulier : qiue le roi d'Espagne fournirait et entretiendrait au service de la Ligue une armée de seiEe mille k(»nmes de pied et trois mille chevaux , sur laquelle armée il y aurait deux mille fantassins et cinq cenl3 cavaliers français , dont lui , duc de Mayenn«, pourrait di^>oser absolument, outre quatre mille autres fantassins , aussi français , et cinq cents chevaux , qui servent uniquemait attachés à sa personne et soudoyés par l'Espagne ; que le nombre de ces troupes serait augmenté selon le besoin, mais sans rien stipuler, et à titre de bienfait; que 1« duc de Mayenne commanderait en chef ces troupes , avec celles de tout le parti , sous le titre de lieutenantogénéral de la cowoHiie^ en attendant l'^ection d'un roi en France; que cette élection se ferait dans une conférence gêné*raie; c'est sans doute les états du royaume dont Gt^ veut parla' sous ce terme ; que , jusqu'au mo-
4aO MÉMOIHES DE SULLT.
ment où elle serait £ûte et acceptée, on augmenterait de moitié la pension que l'Espagne faisait déjà au général, c'est-à-dire que, de trente miUe livres par mois , elle serait portée à soixante mille livres, outre cent mille écus qu'on lui ferait toucher actuellement, et cent autres mille livres après la ratification du traité; et qu'en attendant, on commencerait par le mettre en possession de la Bourgogne; qu'après la nomination du roi futur, le duc de Mayenne serait continué dans le gouvernement de l'état , avec le titre de lieutenant-général, et qu'il remettrait alors seuleiAent aux Espagnols la ville de Soissons, ce qu'il ne pouvait pas faire auparavant, parce que c'était la seule place de sûreté qu'il eût en France pour lui-même ; que, s'il se trouvait des obstacles insurmontables , soit à l'élection du roi futur , apparemment de la part du roi de Navarre , à l'envahissement ou à la conservation de la Bourgogne pour le duc de Mayenne, le roi d'Espagne ferait à ce dernier, pour dédommagement, une pension annuelle de trois cent mille livres , qui pût lui tenir lieu des biens qu'il risquait de perdre en France, laquelle pension ne pourrait lui être ôtée ni réduite , quelque accord qui se fît entre le roi d'Espagne et le roi de France reconnu, et passerait à ses successeurs à perpétuité. Il était encore stipulé que l'Espagne éteindrait toutes les dettes du duc de Mayenne , ou du