‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 199 sur 231 · LIVRE CINQUIÈME. ^^l · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. ^^l

roi élu du consentement de cette couronne, s'il était Français ;^qu'on donnerait pareillement des satisfactions dbnvenables aux autres principaux officiers de la Ligue : elles n'étaient point exprimées, soit que.]|ïayenne ne songeât pas aux autres aussi efi&caoé^pEtit qu'à lui-même, ou qu'il crut que cet article'he souffrirait point de difficulté , parce qu'au défaut d'argent, il était facile de satisfaire les seigneurs en pensions , dignités ou gouvernemens.

Telles étaient les demandes du chef de la Ligue , dans lesquelles il ne s'était pas oublié , comme on voit. Pour tout cela îî offrait au roi d'Espagne, outre la couronne, qui, quoiqu'il n'en fut rien dit, ne pouvait regarder qu'un prince de la maison d'Autriche, puisque le duc de Mayenne semblait s'en exclure lui-même; il offrait, dis-je, certain nombre de villes , dont le nom , aussi bien que celui du roi futur, était en blanc, celles que l'ËspOgiie prendrait devant être remises aux catholiqïfes français sous la protection du roi d'Espagne et du duc de Mayenne , le toYit pour servir de sûreté et de caution à l'Espagne jusqu'à l'élec-i tion du roi, sans en dire davantage : ce qui marque bien encore qu'on comptait que cette élection dédommagerait suffisamment cette cou-' ronne, à moins qu'on ne cherchât par ce sousentendu favorable à la flatter de cet objet , pour

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en tirer un secours prompt et efficace. Ce qui fait naître ce soupçon , c'est l'attention à in^ster et à refYenir souvent sur la clause suivante, qu'en attendant qu'on se fut déterminé à Madrid sur tous ces articles ( on donnait pour celi4e terme d'un mois), l'Espagne commencerait IHpiurs par envoyer un secours puissant dans là Bourgogne, qu'on disait être en fort grand danger. Pour hâter encore davantage les résoljjitions de cette cour, le duc de Mayenne, qui, dans tout oe traité se montrait serviteur fidèle^ quoiqu'un peu intéressé, de la maison d'Autriche ,'i&»irait froidement que, si l'on trouvait ces condilfl!lbs trop désavantageuses pour l'Espagne, elle pouvait se tourner d'un autre côté que du sieii, et que , *fcis de porter ce fardeau , il ne demandait pas mieux que de s*en décharger.

Mais il avait beau feindre , il avait à faire à un conseil qui ne prend pas facilement le change , et qui entend encore mieux ses intérêts. L'ar^iiduc Ernest répondait à ce mémoire, au nom cfu roi d'Espagne , é(&k sa majesté agréait le titre de conservateur de la Ligue ^ et même voulait bien qu'on le regardât comme le chef de tout le parti; qu'on le trouverait toujours prêt à accorder tous les secours de troupes qu'on lui demandait contre le roi de Navarre, et même plus qu'on ne lui en demandait; car il consentait d'envoyer dans la Picar*

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