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devait faire en cette occasion.^Montmorency y fut envoyé en ambassade. 82^ jgommission portait de ne rieçi oublier pour gagmsr cette princesse , et la disposer à se choisir pour époux l'un des princes , frères du roi, mariage qui devait, disait-on, ciniei^ter également l'union des deux religions et des deux puiss^ces.
"^ ^ -Ce prQC^lé, cjui pg^aissait si rempli de francbig%: . d^ait pourtant être suspect par son propre excès;
'et néanmoins il fit son effet. Les discours des courtisans n'y contribuèrent pas peu. L'envie de respirer l'air d'une cour où régnaient les plsâsirs, et de jouir des honneurs qu'on y voyait préparés , servit, jplus que tout le reste à lever les scrupules. Beauvais' , Boursaut et Francourt^ furent les premiers qui se laissèrent persuader, et ils se firent après une espèce de point d'honneur de persuader les autres. On avait déjà jeté quelques propos sur un voyage de Paris ; ces trois personnes appuyèrent fortement sur ce dessein , et firent connaître .:. à la reine de Navarre qu'un refus en cette occasion, outre qu'il serait offensant pour le roi, pourrait lui faire perdre à elle-même le fruit de la plus favorable de toutes les conjonctures. On se défia d'abord , on balança pendant quelques mois ; on
' N Beauvais, gouverneur du pfince de Nwlarre,
• Gervais Barbier, sieur de Francourt, chancelier du roi de Navarre.
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se rendit sur la fin de 137 1. On fit les préparati& pour ce voyage au coinmencenxent de iSja , et le temps du départ fut enfin arrêté pour le moîs de mai suivant.
Il semble qae les huguenots affectèrent de tenir les yeux fermés pour ne pas voir mille cîrooiistances qui devaient les faire douter de la vérité de tant de riches promesses. Le roi et la reine nepou^ valent si bien dissimider, qu'ils ne se laissassent quelquefois pénétrer. On apprit que Charles avait dit à Catherine : Hé bien , nejoué-je pas bien mon rôle? A quoi elle avait répondu : Fort bien 9 mon fils; mais il faut continuer jusqu'à la fin. Il avait aussi transpiré quelque chose du résultat des conférences de Bayonne * entre les cours de France et
' En 1 565, la reine-mère, après avoir parcoani une grande partie du royaume , s'avança jusqu'à Bayonne, où elle eut plusieurs conférences secrètes avec le duc d'Albe, qui y avait accompagné la reine d'Espagne. Il y a assez d'apparence qu'il y fut question d'une alliance entre le pape , la France et la maison d'Autriche , et des moyens d'abattre le parti protestant ; mais il n'y eu a aucune , et encore moins de preuves, qu'on y ait formé le dessein du massacre de la Saint-Barthélcmi , qui ne s'exécuta que sept ans après. Matthieu rapporte à ce sujet que le prince de Navarre, alors encore enfant, et que Catherine de Médicis avait presque continuellement à ses côtés ^ entendit quelque chose du complot d'exterminer tous les chefs du parti protestant, qu'il en avertit la reine sa mère, et celle-ci le prince de Condé et l'amiral,
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d'Espagne. Le roi d^ Navarre avait été fort inal reça dans son - gouvernemept de Guienne. Bordeaux lui avait fermé ses portes , et le marquis de Villars ', qui y commandait l'année royale, n'ayait voulu iji retirer ses troupes, ni leur laisser recevoir l'ordre du J)rince. On n'ignorait pas. Itlans la Rochelle que le roi tenait actuellement sur toute cette côte une armée navale , qu'on supposait être destinée pour la Hollande. Les bourgeois avaient de plus découvert les artifices dont Strozzy ^ , La Garde , Lansac et Landereau s'étaient servis pour gagner *la garde de leurs portes et», s'enrparer de leuf ville. Enfin , tandis qu'on se loUait si fort de l'exactitude à maintenir le traité de paix dans toute sa force, il n'était que trop facile de découvrir une infinité de violences contre les réformés, que la cour avait autorisées ou dissimulées. Le chancelier de L'Hôpital ^ ayant voulu faire justice des agresseurs à Rouen, Dieppe, Orange, etc., ce motif,
et que ce fut le ressentiment qu'ils en curent qui les porta à l'entreprise de Meaux. Histoire de Fr. t. i, p. 283.
' Honorât, bâtard de Savoie, marquis de Villars.
* Philippe Strozzy, le baron de La Garde, dit le capitaine Polin, Lansac, le jeune, frère de Louis de Saint-Gelais, sieur de Lansac , et Charles Rouhault , sieur de Landereau , qui conduisaient cette flotte.
' Michel de L'Hôpital, chancelier de France. Les sceaux lui furent ôtés , et donnés à Jean de Morvilliers. Il mourut en 157^.
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joint au refus de sceller la révocation d'un édit de pacification, l'avait fait exiler de la cour '. Sans tout cela , il devait , ce me semble, suffire aux huguenots de la connaissance qu'ils avaient du cafactère de Catherine et de celui de son fils. Pouvaient-ils se flatter que ce prince, naturellement emporté et vindicatif , oublierait l'attentat deMeaux*, l'invasion d'Orléans , Rouen , Bourges , Lyon, etc., le Havre livré aux Anglais par les huguenots , les étrangers introduits dans le cœur du royaume, tant de combats, tant de sang répandu? L'intérêt d'état, ce grand nom si familier aux souverains, parce qu'il prête si souvent le masque de la bonne politique à leurs ressentimens personnels et à leurs autres passions, ne leur permet guère de laisser
' Je supprime deux raisons tirées des canons des conciles de Constance et de Trente, d'où Fauteur infère que le pape, les évéques, etc., ne se croyaient pas obligés de garder la parole donnée aux hérétiques. M. Fleury, et nos plus sa vans critiques ecclésiastiques, ont pleinement justifié la conduite du premier de ces conciles à l'égard de Jean Hus et de Jérôme de Prague, et la bonne foi du second avec les protestans.
* En 1 56 7, le prince de Condé et l'amiral de Coligny formèrent le dessein de se rendre maîtres de la personne du roi Charles IX à Meaux, où il était alors, et d'où la reine-mère le fit partir la nuit pour le ramener à Paris. Ils l'auraient exécuté, sans tfois mille hommes de troupes qui arrivèrent fort à propos, et couvrirent si bien le roi pendant celte marche, que TarnuM.' calviniste n'osa les attaquer. Voyez les historiens.